‹ L’évolution de la moraleChapitre 271 sur 372 · Lecky, loc. cil., t. Il, p · texte numérisé non relu

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LA MORALE BARBARE

de noble, dans le senlimentet la pensée antiques. C’était. évidemment des fleurs rares, étrangères à la foule, peu comprises d’elle. Dans tous les temps, chez tous les peuples, l’élévation du cœur et de l’esprit est exceptionnelle ; son degré mesure pourtant la valeur morale d’une race et d’une civilisation.

« C’est de Zeus, dit Homère, que viennent les mendiants et les pauvres. » « Le fils de Saturne, dit Hésiode, a permis aux animaux de s’entre-dévorer, mais il a donné aux hommes la justice, le plus précieux des biens i. » Dans un autre passage, Hésiode nous rédige tout le décalogue de la morale grecque primitive : « L’ambitieux est aussi coupable que celui qui maltraite un suppliant ou un hôte, qui souille la femme de son frère d’embrassements illégitimes, qui dépouille par une indigne ruse des enfants orphelins, ou accable d’injures un père parvenu au triste seuil de la vieillesse^. Tl Ailleurs il dit : « Aimer qui nous aime, aider qui nous aide, donner à qui nous donne, non à qui ne donne pas; » cedernier trait est digne de Confucius. Un autre poète, Tbéognis, est déjà un moraliste critique. H ne comprend pas que les fils soient punis pour les pères, que les méchants soient heureux et les justes malheureux. Les tragédies d’Euripide sont pleines de sentences morales : « Le méchant seul est mal né. » « Le vrai juste vit pour son prochain, non pour soi. » « Le juste est détaché de tout, même de la patrie L » Il faut rapprocher de cette dernière maxime, singulière dans la bouche d’un ancien, le fameux vers de Tércnce : « Je suis homme et rien de ce qui touche à l’humanité ne m’est étranger. »

Les philosophes ne le cèdent pas aux poètes. Epicure dit

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