E. Ilavct, l'Hellénisme, p
3i0 L’ÉVOLUTION DÉ LA MODALE.
que l’esclave est un ami de condition inférieure « Le sage, dit-il ailleurs, donnera sa vie pour son arni » Socrate se proclame citoyen du monde Platon affirme que, dans un Etat bien réglé, la société tout entière doit ressentir les plaisirs ou les peines de chacun de ses membres. « La politique, dit-il, est la science qui fait régner ‘ la justice. »
Suivant Solon, la cité la plus heureuse est celle où les citoyens, qui se croient à l’abri de l’injustice, sont prêts néanmoins à s’y opposer ^ Pour Aristote, la loi est une intelligence sans passion ; la justice n’est que l’utilité commune ® ; la société est une alliance offensive et défensive destinée à mettre chaque individu à l’abri de l’injustice (Politique, liv. III, ch. v). Épicure avait déjeà défini la justice ; la raison de l’utilité réciproque (Maximes, XXXLX). Lucrèce proclame que le faible doit toujours trouver grâce. Enfin le stoïcisme de Zénon, d’Epictète, vint affirmer l’égalité native de tous les hommes et battre en brèche l’esclavage. Cicéron, Sénèque, la foule des philosophes marchèrent sur ces traces. Cicéron parle de charité universelle (Carüas generis humani)^ ; il veut que l’on soit juste, même pour l’esclave. Sénèque déclare qu’il est aussi mal à un homme d’avoir une maîtresse qu’à sa femme d’avoir un amant ^
Marc-Aurèle écrit que son pays est le monde; que ce qui n’est pas utile à l’e.ssaim ne saurait être utile à l’abeille (Maximes, LIV); il veut qu’on aime ceux qui nous olïensent (XXII); il dit que le privilège de l’homme, c’est d’être bien-