Franklin, Ibid., p
un refuge sur un arbre, il élail Iralii par les aboiements de.^ féroces limiers et tombait aux mains de ses maîtres plus féroces encore. Ce n’était pas tout. .4ssez négligernineni gardés dans le voisinage du cap Français, ces chiens plus d’une fois se détachèrent. Des enfants noirs, rencontrés par eux sur la grand’route, furent attaqués et mangés en un clin d’œil. Souvent encore ils se jetèrent dans les bois circonvoisins, surprirent une inoffensive famille de laboureurs noirs, arrachèrent le nouveau-né du sein de sa mère ou même dévorèrent l’homme, la femme et les enfants. Ces limiers retournaient ensuite au chenil, les mâchoires hideusement barbouillées du sang de ces pauvres nègres C » Les colons européens, dont il est question dans ce passage, étaient des Français; mais c’est aux Espagnols que revient l’honneur d’avoir dressé des meutes de limiers chasseurs d’hommes, et l’exemple leur en fut donné à Saint-Domingue par Christophe Colomb lui-mème"! '
Si atroces qu’ils soient, ces faits sont intéressants; ils nous montrent combien il est aisé de réveiller la hète sauvage, non seulement chez le chien, mais même chez l’homme.
Ces instincts féroces, qu’il est si facile de ressusciter, on peut aussi les amortii’, et pour cela l’un des moyens les plus sûrs est de créer des liens sympathiques par raccoutumance et de bons procédés longtemps continués. On émousse, on apaisemême les penchants sanguinaii’es de certains animaux en les faisant vivre avec leurs proies ou leurs ennemis héréditaires; on réussit mieux encore en les faisant élever par ces derniers.
Des furets, couvés en quelque sorte par une poule, non seulement n’attaquaient pas leur mère adoptive^ mais mis eu