‹ L’évolution de la moraleChapitre 292 sur 372 · Ibid., p. 436. — Giry, loc. cil., p · texte numérisé non relu

Ibid., p. 436. — Giry, loc. cil., p

Les épreuves judiciaires, « le jugement de Dieu », les ordalies, en usage chez tant de peuples sauvages, de toute race, furent, on le sait, fort en honneur aussi dans l’Europe barbare.

Mais ce qui surtout donne un caractère affreux aux mœurs judiciaires de nos ancêtres, c’est la question, la torture, et l’abus qui en était fait. La question a été ou est encore usitée dans plus d’une contrée barbare; les Grecs et les Romains y recoururent quelquefois, mais la pratique n’en fut jamais généralisée par eux, comme elle le fut en Europe, quelques siècles après l’introduction et le triomphe du christianisme.

On appliquait la question avec une extraordinaire facilité, sur des indices, sur un témoignage (ordonnance de l-iSi). Il faut enfin se rappeler que, en France, la question a été abolie très tardivement. Le 24 août 1780 seulement, une déclaration, enregistrée au parlement de Paris, supprima la question jwéalahle, mais ce ne fut que la loi du 9 octobre 1789, qui l’interdit dans tous les cas.

A elle seule, la torture justifierait l’épithète de barbare, que j’ai donnée à l’Europe ancienne. On l’appelait « épreuve de vérité » et les procédés variaient suivant les localités. En Bretagne, on chauffait les pieds dans un brasier; à Rouen, on aimait mieux serrer les doigts dans une machine en fer ; à Autun, on versait de l’huile bouillante sur les jambes enveloppées d’une peau de vache; à Orléans, on donnait l’estrapade; à Paris, on préférait la question par l’eau et les brodequins S etc.

J’énumère, en passant, ces horreurs, n’ayant ni le temps ni le désir de m’y appesantir.

1. Rambaud, loc., cil., p. 43G. — Giry, loc. cit., p. 126, 188.

LA MORALE BARBARE

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