J. Simon, Ouvrier de huit ans, p
L'ÉVOLUTION bü LA MORALL.
n’y a pas bien longtemps, à 05,87 p. 100 pour les illégitimes et à 25,95 seulement pour les autres'.
Ces faits autorisent sûrement à conclure, qu’au point de vue du respect de la vie de l’enfant, les progrès de notre moralité ont été plus théoriques que pratiques.
En ce qui touche la prostitution, il semble qu’il y ait eu plutôt rétrogradation, au moins dans la théorie. En effet la loi romaine taxait à'infamie les entremetteurs et les prostituées. Or, l’infamie n’était pas seulement une flétrissure morale : elle avait une valeur légale. Les gens taxés d’infamie ne pouvaient jouir de leurs biens, avoir la tutelle de leurs enfants, obtenir une charge publique, prêter serment en justice ou former une accusation. En outre, la pauvreté n’était pas admise comme excuse de la prostitution et la tache ne s’effaçait pas par un changement de vieL
G’élait un progrès sur l’Athènes primitive, qui entretenait des prostituées aux dépens de la République et où les hommes les plus éminents exploitaient sans vergogne, dans un but de lucre, des troupes de prostituées L
Déjà d’ailleurs des règlements spéciaux légalisaient ce commerce, et il en fut de même pendant toute la période barbare de la civilisation européenne. Sous ce rapport nous n’avons pas innové, mais simplement conservé les vieilles mœurs.
Sous Louis XV, il y avait, à Paris seulement, 32000 prostituées inscrites. 11 n’y en a plus guère que 3500 aujourd’hui; mais il existe en outre toute une population de prostituées libres, dont l’exacte évaluation est impossible.