I.A MOr.ALE INDUSTHIELLE OU MERCANTILE
Le nombre en serait de 1:20000, selon M. du Camp, de 60 000, suivant M. Lacour*.
Je passe, n’ayant pas à faire ici, en détail, la description de cette plaie sociale.
De bruyantes révélations nous ont aussi appris, tout récemment, que, dans la pudibonde Angleterre, aujourd’hui encore, il se fait, dans un but de prostitution, un commerce actif de jeunes filles, d’enfants même, parfois vendues par leurs parents, comme il arrivait durant les premiers âges de la civilisation L
Quant aux prostituées adultes elles sont traitées comme un bétail : « Des femmes sont arrêtées sans mandat, emprisonnées sans jugement, soumises à un traitement que l’homme le plus dégradé ne voudrait certes pas supporter qu’on lui infligeât; inscrites d’office au registre d’infamie, embastillées dans des maisons de débauche, retenues en prison pour des dettes qu’elles n’ont pas consenties, exploitées par une matrone rapace... systématiquement dégradées par l’abus des liqueurs fortes, en perpétuel état d’ivresse; vendues, échangées comme un vil bétail, etc. ^ »
Je me borne à citer ces faits, en passant; mais il est intéressant, au point de vue de l’état du sens moral dans l’Europe contemporaine, de noter la parfaite placidité avec laquelle non seulement la conscience publique, mais même la conscience privée des hommes les plus cultivés accepte cet horrible état de choses. M. Lecky, auteur d’un important ouvrage sur Y Histoire du développement de la morale européenne, va jusqu’à glorifier la prostituée en termes