‹ L’évolution de la moraleChapitre 305 sur 372 · Yves Guyot, Proslitution, p · texte numérisé non relu

Yves Guyot, Proslitution, p

2. Yves Guyot, La traite des vierges (Paris, 1885), et Prostitution, p. 172,

3. Adresse à M. Waldeck-Rousscau, dans le Bulletin continental, 15 février

lyriques. « Elle est le type du vice et la gardienne de la vertu; elle est l’éternelle prêtresse de l’huinanité, sacrifiée pour les péchés du peuple, etc. ^ »

En résumé elle payerait l’impôt nécessaire à la sauvegarde de la vertu bourgeoise. La conséquence logique conduirait à lui dresser des autels, comme on le faisait tout récemment encore au Japon.

D’autres auteurs se mettent simplement au point de vue de la morale mercantile. « Considérant, dit le D" Owre (de Christiania), que les filles publiques payent très cher leur logement et leur nourriture, on doit leur faciliter autant que possible l’exercice de leur commerce légal - ».

Le D'' Owre est de son temps; il ne s’égare pas dans l’utopie; c’est au point de vue de l’argent qu’il envisage la prostitution. Nous savons trop, que, dans la plupart des pays civilisés, notamment dans le nôtre, c’est le dieu Plutus ou son frère Mammon, qui décident et bénissent les unions conjugales. Souvent on a cherché quelle différence essentielle il y avait entre le mariage d’argent et la prostitution brutale, pourquoi l’un est respectable et l’autre méprisable. La question reste ouverte et ce problème moral n’est pas encore résolu. La solution en est difficile surtout pour une certaine catégorie d’unions légales, dont la France semble avoir le privilège. J’entends parler des mariages entre jeunes filles et vieillards, jeunes gens et vieilles femmes, qui, dans les tableaux statistiques publiés par le D'' A. Bertillon, figurent pour un chiffre, je ne dirai pas respeclable, mais notable \

Tout récemment encore, le mariage légal, les « justes noces » des Latins, n’étaient autorisées en divers pays que pour

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