‹ L’évolution de la moraleChapitre 31 sur 372 · E. Ferri, Socialismo e criminalilà, p · texte numérisé non relu

E. Ferri, Socialismo e criminalilà, p

L’OUIGLNE DES PENCHANTS MORAUX

deviennent marrons, retournent à la vie sauvage ; mais ils conservent l’empreinte de l’éducation donnée par l’homme, l’instinct de l’obéissance : a On a vu, dit Franklin, plus d’un Indien s’avancer bravement vers un monstre en apparence sauvage et lui ordonner de le recevoir sur son cou. — Au commandement de cet homme, l’animal reconnaissait à l’instant même la domination de son ancien maître*. »

A Londres, un éléphant qui eut son jour de célébrité sur la scène du Coburg-Theatre, et qui s’appelait Chuni, finit après une longue période de docilité par devenir rebelle, sujet à de violents accès de colère. On décida de le tuera coups de fusil. Or, pendant l’exécution même, au milieu des coups de feu, il obéissait encore à la voix de son gardien : « Il tomba noblement, dit Franklin, comme un général fusillé ■. »

L’histoire du chien de M. Romanes, racontée parle maître à une séance de l’Association pour l’avancement des sciences, est plus instructive encore. Il s’agit d’un vol domestique commis par l’animal :

4 Ce chien n’a jamais volé qu’une fois dans sa vie; un jour qu’il avait grand’faim, il saisit une côtelette sur la table et l’emporta sous un canapé. J’avais été témoin de ce fait, mais je fis semblant de n’avoir rien vu et le coupable resta plusieurs minutes sous le canapé, partagé entre le désir d’assouvir sa faim et le sentiment du devoir; ce dernier finit par triompher et le chien vint déposer à mes pieds la côtelette qu’il avait dérobée. Cela fait, il retourna se cacher sous le canapé d’où aucun appel ne put le faire sortir. En vain je lui passai doucement la main sur la tête, cette caresse n’eut pour effet que de lui faire détourner le visage d’un air de contrition vraiment

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