‹ L’évolution de la moraleChapitre 310 sur 372 · Esprit des lois · texte numérisé non relu

Esprit des lois

2. M. Block, Puissa7ice comparée des divers États de t'Europe, ch. iii, Armée. Gotha, 1802.

LA MORALE INDUSTRIELLE OU MERCANTILE

lument réprouvé la guerre sans considérer que les décrets de la Providence la commandent quelquefois ‘ ».

Un écrivain socialiste, dans un ouvrage spécial sur la guerre, déclare que les Iroquois anthropophages en savaient plus sur le droit des gens que Montesquieu, qui n’en savait pas le premier mot U

Il trouve qu’ « en théorie, la guerre est une conception sublime, un idéal divin » ; il avoue « qu’en lait, c’est la bestialité dans toute son horreur^ ». Mais il est bien difficile en cette matière de séparer la théorie du fait.

Tout récemment enfin, la diffusion de la doctrine transformiste est venue fournir des arguments pseudo-scientifiques aux théoriciens de l’égorgement; le succès brutal est devenu sacro-saint; le droit du plus fort a été confondu avec celui du plus juste et du plus intelligent ; la régression a été baptisée progrès.

Dans notre morale contemporaine, il existe bien d’autres survivances de la morale des vieux âges; le temps me manque pour les relever, mais ce que je viens de dire suffit amplement à montrer, combien la « voix des ancêtres » est impérieuse encore dans la conscience de l’homme moderne. J’ai hâte d’ailleurs d’aborder le côté vraiment caractéristique de la moralité actuelle.

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