F. Le Play, Réforme sociale en France, t. II, p. lG
siimèrenl en des occupations mécaniques, qui absorbaient leur vie entière et leur ôtaient le loisir de mener une existence humaine, tout en ne leur assurant, en vertu de la loi d’airain de l’offre et de la demande, que le salaire strictement indispensable à l’entretien de leur misérable vie. Or |
ce régime progresse incessamment. Dès 1851, plus de six <
millions de personnes (6 044 280) étaient directement j employées en France dans les professions industrielles et * plus de deux millions dans la grande. industriel Or, il s’en ' faut que la France soit le pays le plus industriel de l’Europe.
Déjà pourtant, en 1876, notre population industrielle s’élevait à plus de neuf millions d’individus (9 274 537) ^
En même temps, et par un corollaire nécessaire, le nombre des domestiques grandit aussi : il était de 2339683 en 1876.
D’où la formation d’un énorme prolétariat, grossissant toujours et rongé par le paupérisme. Nous avons vu que le nombre des pauvres est rigoureusement proportionnel à l’extension de la grande industrie. Mais ce qui est en sens inverse du nombre des nécessiteux, c’est le chiffre des secours, qui leur sont alloués. En 1856, dans le VHP arrondissement de Paris, il avait été en moyenne d’un centime par jour et par personnel
Pourtant l’effort continu de toute la population laborieuse de l’Europe produit d’énormes bénéfices, mais répartis si inégalement que les deux tiers du revenu sont absorbés par le tiers rentier dirigeant ou spéculant. Des millions de prolétaires, nous dit la statistique, ne consomment pas, chaque année, 25 kilogrammes de viande par personnel
Sans doute notre salarié n’est plus directement opprimé,