Id.. Ibid., l. 1", p. 304, 305, t. II, p
Li MORALE INDUSTRIELLE OU MERCANTILE.
comme l’élaient l’esclave et le serf, mais, en retour, il. est plus abandonné; il ne bénéficie même plus de la protection intéressée que donnaient à leur propriété servile le maître ou le seigneur, du minimum de soins que l’on accorde cà ses animaux domestiques. L’industrie moderne a presque supprimé tout rapport humain entre l’employé et l’employeur. Dans le langage économique, les ouvriers s’appelent en Angleterre, des mains k hands »; en France, des « bras » L
Diodore de Sicile parle avec une profonde compassion des malheureux, qui, dans l’anliquilé, travaillaient dans les mines d’or de la Haute-Egypte : « Point de pitié, dit-il, poulies malades, les estropiés, les vieillards, même pour la faiblesse des femmes. Tons, forcés de coups, doivent travailler et travailler encore jusqu’à ce que la mort mette un terme à leur misère et à leur tourments ^ » Il n’y a plus de coups, mais le travail dans nos mines absorbe toute la vie et il est infiniment plus dangereux que dans l’antiquité. Les anciens n’avaient pas de bouillères; ils ne connaissaient pas le feu grisou, ne pénétraient guère dans le sol et enfin employaient le plus souvent des criminels au travail des mines. Ajoutons que la plupart de nos industries meurtrières leur étaient inconnues et souvenons-nous, à titre de spécimens, de quelques-uns des méfaits de notre .régime industriel.
Tout d’abord des générations d’enfants ont été fauchées sans pitié. Dès le xvii' siècle, à Norwicb, en Angleterre, alors siège principal de l’industrie cotonnière, un enfant de six ans était réputé capable de travail^ En 1857, un commissaire inspecteur du travail des enfants écrit ceci : « Des en-