J. Simon, Ouvrier de huit ans, p
LA MORALE INDUSTRIELLE OU MERCANTILE
beiir‘; des corps de mélier tout entiers, par exemple, les potiers, les forgerons, où l’on voit les ouvriers s’atrophier, la vie s’écourter^; c’est la population qui diminue, avant la réduction de la journée de travail à dix heures, dans certains districts miniers de l’Angleterre; c’est la taille moyenne qui s’ahaisse graduellement, surtout pour les ouvriers des fahriques^ En 1858, dit J. Liehig, Berlin ne put fournir son contingent pour la réserve ; il manquait cent cinquante-six hommes
En fait, c’est le dieu tout-puissant de nos sociétés soidisant civilisées, l’argent, qui y règle souverainement le mouvement de la population et la durée de la vie humaine.
Dans la population industrielle, nous dit Villermé, il y a, une fois la première année franchie, une vie prohahle de quarante-trois ans pour les maîtres et seulement de dix-neuf ans et trois mois pour les ouvriers
En France, les hommes de quarante à quarante-cinq ans meurent, s’ils sont riches ou aisés, dans la proportion de 0,85 p. 100 et de 1,87 p. lOO s’ils sont pauvres : la vie prohahle du riche est donc deux fois plus longue que celle du pauvre®.
Chaque année, nous dit A. Bertillon’, la mortalité de nos nouveau-nés augmente; mais la mort sait choisir. En 1863, a Rouhaix, à Manchester, la mortalité des enfants d’ouvriers au-dessous d’un an, était de 20 à 22 p. 100; à Mulhouse, elle s’élevait à 33 p. 100. A Lyon, en 1866, la mortalité était de 35 p. 100 pour les enfants des ouvriers tisseurs; elle n’était