‹ L’évolution de la moraleChapitre 345 sur 372 · Lecky, loc. cit., t. II, p · texte numérisé non relu

Lecky, loc. cit., t. II, p

vage en lui-mème. Saint Paul recommande au contraire aux esclaves chrétiens d’être plus dociles que les autres; il déclare même que l’esclave est la seule propriété que les chrétiens puissent garder^ et taxe d’orgueil et de sottise ceux qui enseignent le contraire. En fait, en Europe, les ecclésiastiques furent les derniers possesseurs d’esclaves. Dans la doctrine chrétienne, on le sait, l’égalité n’était pas de ce monde et les vertus serviles étaient glorifiées; mais néanmoins le clergé fit, en faveur de l’affranchissement, de la manumission des esclaves, une active propagande. Sainte Mélanie affranchit huit mille esclaves; saint Ovidius, cinq mille esclaves®; on put épouser une affranchie, etc.

Le paupérisme fut reconnu comme étant tout aussi légitime que l’esclavage : Semper pauperes habetis vobiscum, dit saint Mathieu ^ et l’on sait assez que, dans la pratique, le clergé n’a pas été précisément détaché des richesses. Faire un legs pieux fut, des siècles durant, recommandé aux fidèles, ce, sous peine de mourir « déconfès », c’est-à-dire réputé sans religion. Aussi, au xviiP siècle, l’église de France possédait un tiers du territoire.

On exhortait à l’aumône, qui produisait, surtout si elle était donnée à des moines, d’abondants bénéfices spirituels; mais plus tard les casuistes Sanchez, Escobar, etc., démontrèrent qu’il n’y a pas de superflu pour les gens du monde, même pour les rois, quand ils ont à relever leur condition, etc. Néanmoins le christianisme contribua largement à couvrir l’Europe d’institutions de bienfaisance et, d’autre part, dès son origine, il s’était nettement prononcé contre les jeux sanglants de l’amphithéâtre. En 329, après la convocation du concile de Nicée, un édit de Constantin condamna les

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