‹ L’évolution de la moraleChapitre 346 sur 372 · Mathieu, XXXI, 11; Marc, XIV · texte numérisé non relu

Mathieu, XXXI, 11; Marc, XIV

jeux du cirque et le dernier combat de gladiateurs eut lieu à Rome, en 40'ü.

Ce sont là de réels services; mais, sans q^arler même des doctrines antihumaines et antisociales, ils ne sauraient nous Taire oublier l’eTfroyable tyrannie que la religion de Jésus a fait peser sur les esprits et sur les corps. Le monde ancien, surtout l’empire romain, avec son panthéon disparate, pratiqua la tolérance religieuse jusqu’au jour où le christianisme vint saper sa constitution politique elle-même. Les chrétiens eurent alors leurs martyrs et ces martyrs sont dignes d’admiration; rien de plus beau que de se sacrifier pour ce que l’on croit être la vérité. Mais, à peine au pouvoir, les persécutés surpassèrent de beaucoup en cruauté leurs persécuteurs. Les pratiques du culte païen devinrent des crimes de haute traliison, que le code Théodosien punit sans hésiter de la peine capitale; les temples, même les plus beaux, furent démolis, les idoles détruites, etc.L L’Église s’arrogea hautement le droit de persécution et en usa largement depuis Constantin et Théodose jusqu’au seuil de l’histoire contemporaine. Llorente évalue à cinq cent mille le nombre des familles exterminées par l’inquisition rien que dans l’Espagne continentale; dans le même pays on brûla trente-deux mille personnes environ -, car l’Église abhorret à sanguine, etc. Grotius estime que, dans les Pays-Bas seulement, cent mille hérétiques furent jugés et exécutés sous Charles-Quint, etc.L Or, d’après Gibbon, la grande persécution de Dioclétien n’aurait coûté la vie qu’à deux mille chrétiens environ*.

J’arrête ici mon exposition. Comme d’habitude, j’ai laissé

Page 1