Ilavct, L’Hellénisme, p
quérir des connaissances : l’extase finit par tenir lieu de tout.
Si savant qu’il lut pour son temps, si sensé qu’il se montre souvent, Aristote ne fut pas plus sage que Platon, dans la question morale. Comme le divin Platon, il admet pour ^ l’homme une fin dernière où l’on parvient par la vertu; il nous m parle d’une vraie béatitude, universellement désirée pour elle-mcme et pour laquelle on aspire à tous les autres biens.
Pourtant, sans essayer de concilier ses hypothèses méta- \ physiques avec la réalité, il nous dit au livre Vil® de sa Morale, que le principe de toutes les actions humaines, c’est le plaisir et la douleur, rentrant ainsi, presque sans s’en douter, dans la morale pratique.
Énorme fut le succès des abstractions si creuses de la métaphysique platonicienne et aristotélicienne ; elle vinrent à point, à une époque où l’on ne pouvait plus admettre l’enfantine théologie des premiers âges, mais où il n’y avait pas encore de science.
La morale stoïcienne, aussi mal fondée au point de vue de la raison, fut cependant bien plus humaine, par suite bien plus populaire. Elle prêchait d’ailleurs l’égalité ; « La noblesse de l’homme, dit Épictète, vient de la vertu, non de la naissance, etc. L » Pourtant le vieux fond métaphysique fut respecté au moins en apparence par les stoïciens. Épictète, Marc-Aurèle, etc., parlent souvent des dieux ou d’un dieu gouvernant despotiquement le monde ; leur providence divine est impeccable; on devient libre en se soumettant à ses décrets. C’est un vrai tour de passe-passe, dont la recette est consignée dans la maxime suivante : « Ne demande point que les choses arrivent comme tu le désires, mais désire qu’elles arrivent comme elles arrivent, et tu prospéreras » ;ou encore