‹ L’évolution de la moraleChapitre 351 sur 372 · Épictète, Maxitnes (cd. Tanipucci · texte numérisé non relu

Épictète, Maxitnes (cd. Tanipucci

dans celle-ci : « J’aime toujours mieux ce qui arrive, étant persuadé que ce que les dieux veulent est meilleur pour moi que ce que je veux^ » Il est d’ailleurs bien entendu que l’homme est libre; son moi est une entité distincte et détachée des organes : « Je suis boiteux, voilà un empêchement pour mon corps, mais, pour ma volonté, point du tout^ » « Les choses qui dépendent de nous sont libres par leur nature ; rien ne peut ni les arrêter, ni leur faire obstacle ^ »

Pourtant, sur d’autres points, les stoïciens avaient rompu avec la métaphysique. Chrysippe n’accordait la vie future qu’aux âmes d’élite; Épictète affirmait la mortalité de l’âme; il admit que la méchanceté est une maladie : « On a pitié des aveugles, des boiteux... Les méchants aussi sont aveugles malgré eux'^. » Pour lui, les habitudes ne peuvent être vaincues que par des habitudes contraires Enfin, selon les stoïques, il fallait non pas punir, mais prévenir le crime.

Sans songer à aucun paradis, Épictète en était arrivé à une morale pratique, fort analogue à la morale chrétienne. Il recommande le célibat, au moins la chasteté avant le mariage®. Pourtant il veut que l’on soit indulgent pour les faiblesses de ce genre’, mais il blâme énergiquement l’adultère; le commettre, dit-il, c’est se ravaler au niveau des singes et des loups®.

Ce qui, par exemple, n’a rien de chrétien dans le stoï-

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