Id., Ibid
Letourneau. — L’évolution do la morale.
iU L’ÉVOLUTIOiN DE LA MORALE.
cisme, c’est le souci de la propreté. « La propreté, dit Épictèle, est pour le corps ce que la pureté est pour l’àme L »
Mais le trait qui rend particulièrement estimable, parfois admirable, la morale stoïcienne, c’est sa dignité, son inflexible fierté. La volonté du stoïque est un ressort toujours tendu et c’est sûrement ce perpétuel effort de la volonté qui donna aux stoïques l’illusion du libre arbitre. Les maximes stoïciennes étaient souvent déraisonnables, par exemple, celles qui déclaraient égales toutes les fautes, petites ou grandes, à la mode draconienne. Mais enfin la doctrine fleurit surtout à une époque lamentable, où, suivant l’expression de Tacite, la vertu était une sentence de mort, et elle fut le refuge des quelques nobles caractères, protestant encore contre l’abjection générale.
Les derniers Romains n’avaient que trop conscience de
leur parfaite impuissance individuelle, aussi Epictète déclaret-il hautement que les philosophes sont en tout soumis au prince, ne songent ni n’enseignent à se révolter contre lui *. Les stoïques n’ont d’énergie que pour la résistance passive, mais là ils sont à la fois nobles, héroïques, et délicats : «: Il y a des gens, dit Epictète, pour qui tendre le vase de nuit à un maître vaut mieux que de mourir de faim. Il y en a d’autres à qui cela serait insupportaible ; Examine ce que lu vaux 3. »
« Il ne faut avoir peur ni de la pauvreté, ni de l’exil, ni de la prison, ni de la mort; mais il faut avoir peur de la peur h »
« Ce que Socrate dit et fit en refusant de se sauver et en