‹ L’évolution de la moraleChapitre 353 sur 372 · Id., Ibid · texte numérisé non relu

Id., Ibid

mourant pour la justice nous est bien plus utile que ce qu’il aurait dit et fait après s’être sauvé ^ »

d Tous les chemins qui mènent aux enfers sont égaux. Un des plus courts est celui par lequel un tyran t’y envoie ^ » Rien de plus délicat que la réponse d’une dame romaine envoyant, quand même, une grosse somme à son amie exilée : « J’aime encore mieux que Domitien la ravisse que de ne pas l’envoyer®. »

Et la réplique d’Helvidius à Vespasien, le menaçant de mort, s’il venait voter au Sénat : « Nous ferons tous deux ce qui dépendera de nous : Tu me feras mourir et je soufîrirailamort... » Que gagna-t-il à cela, demandera- t-on. « Mais, dit Épictète, ce que gagne la pourpre, seule, sur une tunique. Elle l’orne, elle l’embellit et donne envie de l’imiter ‘. »

Je citerai encore, pour terminer, une courte pensée de Marc-Aurèle : « Faire le bien et être calomnié : plaisir royal ! » Et cette autre, exprimée en trois mots : « Droit ou redressé. »

Le christianisme a eu ses enthousiastes, ses martyrs, ses fanatiques; il n’a point connu cet héroïsme paisible, raisonné, invincible, qui est un lointain écho et une dernière transformation de la primitive énergie romaine. C’est que la trempe morale d’un peuple, si lente à se former, ne s’efface pas non plus en un jour. Longtemps l’hérédité du caractère lutte, se défend contre les influences nouvelles. Durant la période de décadence, il advint à Rome ce qui se passe toujours, quand une grande et vieille nation décline moralement. Tout le monde est atteint, mais fort inégalement. Or dans la Rome héroïque, tous les citoyens avaient été plus

!.. Épictète, Maximes (éd. Tainpucci), 307.

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