Loc. cit
mobile tiré de la vanité ou de l’amour de soi, elles éprouvent une satisfaction intérieure à répandre le bonheur autour d’elles et peuventêtre heureuses du contentement des autres parce qu’il est leur ouvrage. Mais j’affirme qu’une action, laite dans cette disposition, si conforme au devoir qu’elle puisse être, et quelle que soit l’affection méritée par son auteur, n’a pas cepndant de valeur morale véritable et doit être mise sur la même ligne que d’autres inclinations, par exemple, l’inclination pour la gloire*. » Et ailleurs : « A agir par sympathie, par compassion, par charité, il n’y a absolument aucune moralité : ces actes vont contre la morale. »
Nous avons affaire ici à une intelligence honnête et inflexiblement logique. Kant ne connaît pas les atermoiements ni les moyens termes; il tire bravement les conséquences de ses prémisses, fussent-elles absurdes, et il faut lui savoir gré de cette rigueur. Selon lui la valeur morale d’une action est tout à fait distincte de son but ; elle résulte uniquement de son principe déterminant, indépendamment des objets qui peuventêtre désirés^
L’insanité de ces propositions, inspirées par un véritable délire métaphysique, est si éclatante qu’il est inutile de les combattre sérieusement. Sous une forme plaisante et en quelques mots. Schiller a réfuté Kant, comme suit:
Scrupule de conscience
« Je sers volontiers mes amis, mais, hélas! je le fais avec inclination et ainsi j’ai souvent un remords de n’être pas vertueux. »
Décision
« Tu n’as qu’une chose à faire. Il faut lâcher de mépriser