Id., Ibid., p
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élhiopiqucs, prognathes ou orthognalhes, sauvages ou civilisés, habitant sous les tropiques ou au delà du cercle polaire.
Tout cela est insensé et montre, une fois de plus, que, sans le lest de l’observation et de l’expérience, un esprit, fût-il puissant, est destiné au naufi-age.
Néanmoins le philosophe de Kœnigsberg est encore intéressant. On rejette ses erreurs, mais on a de l’estime pour sa candeur, sa sincérité, sa dialectique intrépide, ne rebroussantchemindevant aucune conséquence logique. Que dire de nos métaphysiciens d’aujourd’hui, derniers tenants, médiocrement convaincus, d’une méthode irrémédiablement jugée et condamnée ?
La métaphysique n’étant que le reflet quintessencié du grossier animisme des premiers âges ne fait et ne saurait faire aucun progrès. Les données fondamentales, toujours radicalement fausses, sont invariables. Les dieux et les ombres des sauvages, créations naïves mais du moins concevables, sont devenues des entités verbales : une divinité incorporelle, une âme immatérielle. Mais quelle différence peut-il y avoir entre l’immatériel et le néant? C’est là une de ces questions impertinentes, auxquelles la métaphysique ne daigne pas répondre.
Notre moderne métaphysique a calqué sa théorie morale sur la morale théologique. « Des deux côtés, dit très bien M. E. Véron, la morale s’appuie sur le bien métaphysique, personnifié en Dieu. Des deux côtés la morale suppose le libre arbitre...; des deux côtés la conception de la loi morale entraîne la nécessité des peines et des récompenses dans une vie future sous l’œil d’un Dieu rémunérateur et vengeur L »