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Iluber, Fourmis indigènes, p

L’ORIGINE DES PENCHANTS MORAUX

aflectueux, que les vieilles fourmis prodiguent aux jeunes, quand celles-ci sortent de la chrysalide. Une fourmi, à laquelle Latreille avait coupé les antennes, fut littéralement pansée par ses compagnes, qui versaient sur ses plaies des gouttes d’une liqueur transparente, secrétée à cet effet de leur bouche. — Lubbock a vu une fourmi estropiée être soignée avec sollicitude, pendant cinq mois*.

Selon Huber, le développement moral serait différent suivantles fourmilières. Il cite une peuplade remarquable par la bonne harmonie sociale qui y régnait : « Les insectes, dont elle était composée, ne cessaient de s’offrir mutuellement de la nourriture, de se caresser de leurs antennes et de se porter d’une place à l’autre L » Quand il s’agit de défendre la république, abeilles et fourmis atteignent les limites extrêmes de l’héroïsme. « On sait qu’on peut partager les fourmis en deux par le milieu du corps sans leur ôter l’envie de défendre leurs foyers. La tête et le corselet marchent encore et portent les nymphes dans leur asile L »

Si développée que soit chez ces insectes la moralité sociale, il y a pourtant des différences individuelles. Ainsi, quand une fourmilière est conquise et saccagée par une armée ennemie, on voit quelques fourmis se jeter au milieu des envahisseurs, pour sauver encore quelques larves, cela au péril de leur vie, pendant que le gros de la tribu bat en retraite L Les fourmis semblent aussi, comme les hommes, très soucieuses de l’opinion publique. « La même ouvrière, dit Forel, qui se fera tuer dix fois, lorsqu’elle est entourée de ses compagnes, se montrera extrêmement timide, évitant le moindre danger, même une fourmi beaucoup plus faible

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