II. — COMMENT SE FORME LA MORALE HUMAINE
Remarquons tout d’abord que, chez certains hommes, il existe des tendances souvent héréditaires et si contraires au bon ordre relatif des sociétés civilisées, qu’on les déclare pathologiques. Mais ces instincts violents et vicieux n’ont pu cependant se former qu’au sein des sociétés primitives, aux époques lointaines où la morale était encore à l’état inchoatif et où tel. penchant, stigmatisé aujourd’hui comme criminel, pouvait librement s’épanouir et parfois même rendre redoutable et estimé l’individu qui en était doué.
Nos pénitenciers, nos prisons et nos asiles d’aliénés renferment un bon nombre de ces rejetons des âges antérieurs, chez qui l’hérédité vicieuse est incontestable.
Les penchants innés et irréfrénables au vol, au meurtre, au viol, à l’incendie, à l’ivrognerie sont loin d’être rares dans nos sociétés dites civilisées et leur transmissibilité héréditaire est hors de doute.
A Mettray, nous dit Lucas, il y avait, en 1843, trentequatre enfants dont les parents étaient en prison*.
Sur quatre-vingts descendants en ligne directe d’une femme vicieuse, un quart fut frappé par la justice et les trois autres quarts étaient composés d’ivrognes, de fous, d’idiots, de mendiants®.