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Ribot, Ilérédilé psychologique, p

L’ORIGINE DES PENCHANTS MORAUX. CT

On n’ignore pas aujourd’hui que les sociétés sauvages, barbares et même civilisées de toute race et de toute couleur, ont débuté par l’antbropopbagie. Or, de nos jours encore, on constate çà et là l’existence de penchants anlhropopbagiques, parfois héréditaires^

Comme tous les instincts profondément incarnés dans les ; centres nerveux, ces penchants vicieux, que ne saurait tolérer la législation de nos sociétés modernes, ne s’accom- ; pagnent d’aucun remords. «Les criminels invétérés n’ont j| pas de sens moral, nous dit Bruce Thompson, médecin de la prison générale d’Ecosse. D’environ cinq cents meurtriers qu’il a connus, il ne peut pas aflirmer-que plus de trois aient éprouvé un remords quelconque-. »

Écoutons un autre observateur :

« Les neuf dixièmes au moins des malfaiteurs d’habitude j J n’ont ni le désir ni l’intention de renoncer à leur genre de [| vie. Ils aiment les vices auxquels ils sont adonnés... — Omon Dieu ! que c’est bon de voler ! quand j’aurais des millions, je voudrais tout de môme être un voleur, ai-je entendu dire à un jeune coquin^. »

S’il s’agissait de penchants encouragés, socialement utiles, s ce contentement, cette joie intime accompagnant l’accom- I plissement de l’acte, s’appelleraient « sanction morale,

I témoignage de la conscience ». Question de mots et d’appré- I ciation variable suivant les temps et les lieux ! En réalité, le i mécanisme psychique est le même dans les deux cas. La conscience proprementdite, cesentimentprofond,qui inspire et I récompense les actions louables, utiles, héroïques, le dévoue- I ment, l’abnégation n’est aussi que le résultat d’une longue

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