Hist. universelle des voy., t. XLIII, p
Mais, si grand que puisse être le chagrin de la mère, il s’apaise quand on lui offre sa part légale, la tôle de l’enfant, qu’elle se met à manger, tout en continuant à sangloter* ». A première vue, cette assertion d’Oldfield semble invraisemblable. Elle étonne moins quand on connaît la psychologie de l’Australien, qui est un type fort curieux au point de vue de l’origine et de la formation du sens moral. L’Australien est en effet susceptible, comme nous le verrons, de garder de tenaces empreintes mentales, guère plus raisonnées que celles de nos animaux domestiques, et auxquelles il obéit, comme eux, automatiquement.
Dans tous les cas, l’Australien mange sûrement très volontiers ses enfants. Slurt confirme à ce sujet les dires d’Oldlîeld. Il nous raconte, en effet, qu’un Australien brisa sur une pierre la tête de son enfant malade, puis le dévora après l’avoir fait rôtir^
Des mœurs analogues, plus brutalement accentuées encore, régnaient ou régnent toujours dans les archipels mélanésiens. A Viti, le meurtre et le cannibalisme étaient choses non seulement absolument simples, mais même parfaitement honorables. On était d’autant plus estimé qu’on s’était plus souvent couvert de sang et gorgé de viande humaine. Un chef de Daki-Raki, le grand Ra-Undre-Undre, se glorifiait d’avoir m:mgé neuf cents personnes, à lui tout seul, et sans avoir permis à qui que ce fût d’en prendre sa part.
Un Vitien, nommé Loti, qui plus tard devint, paraît-il, un excellent chrétien, fit cuire sa femme sur un feu qu’il lui avait fait préparer et allumer elle-même ; puis il la dépeça et la mangea : tout cela sans haine ni colère, uniquement
1. Journal of Iwo Expéditions of Discovery in Australia and New-Zealand,