‹ L’évolution de la moraleChapitre 65 sur 372 · Ibid., p · texte numérisé non relu

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Quand on pratiquait le cannibalisme, on tuait riiomnie sacrifié, exactement comme un autre animal; on l’étouflaità l’aide d’un bâton appliqué sur le cou et faisant levier ; cela afin d’économiser le sang. Les yeux, comme à la Nouvelle- Zélande, revenaient aux chefs, le cœur était mangé cru. Le reste, bardé de feuilles de ti, était cuit à la mode du pays, dans le four polynésien garni de galets rougis au feu. En temps de paix, le cannibalisme était un privilège aristocratique : seuls, les prêtres, les chefs et les vieillards prenaient part aux festins de ce genre. Les chefs avaient d’ailleurs le droit de dévorer, dans certains cas, tel ou tel de leurs sujets, même tel ou tel membre de leur noblesse, comme il appert du fait suivant, observé en 1847 par un officier de la marine française, M. Ghevé. M. Ghevé, qui est en même temps marin et poète, a mis en vers cette aventure, dont il garantit d’ailleurs l’authenticité L Je cite :

TI-Hl-HOÜ

(Souvenir personnel)

C’était un grand gaillard, de mine haute et fière; Dans son œil injecté luisait un feu sanglant ;

On vantail ses exploits, son audace guerrière ;

Les tribus d’alentour n’en parlaient qu’en tremblant. Ajoutons qu’il était seigneur de haut lignage,

Cousin et favori du roi de sa tribu.

Un vieux gredin perclus, sinistre anthropophage.

De lèpre, d’eau-dc-vie et de meurtres fourbu.

Il était mon tayo : j’avais pris l’habitude De l’emmener courir avec moi dans les bois.

Et quand la marche était ou trop longue ou trop rude. Sur son dos ou son cou je montais, à mon choix. Quand midi calcinait la plage de sa flamme,

Dans sa case j’allais m’étendre sans façon ;

Il me laissait son lit et sa natte et sa femme.

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