Porter, Ilist. univ. des voyages, t. XVI, p. 19Ü
saient à échapper au carnage en s’adressant à la sensualité des vainqueurs. Elles commençaient par arrêter leurs bras, par les supplier au nom de leurs femmes, de leurs filles, de leurs sœurs, leur promettant d’être leurs servantes, etc.
« Quand rien de tout cela ne pouvait les toucher, dit un narrateur, on a vu souvent les femmes déchirer leurs vêtements, se mettre nues devant ces inonstres (ce fut ce procédé qui réussit à Phryné devant l’aréopage). Eh bien, il était rare qu’une seule fût sauvée. » La religion d’ailleurs s’en mêlait; il fallait satisfaire les mânes des pères et surtout ne les point irriter. Les uns frappaient sans vouloir rien entendre, les autres, pris de quelque pitié, saisissaient les malheureuses par un bras, leur ordonnaient de fermer les yeux etles assommaient de leurs massues ou les perçaient de leurs javelots C’était le sentiment du devoir qui parlait, il fallait lui obéir et à la voix des ancêtres.
Pourtant, en dépit des sauvages coutumes primitives, qui ordonnaient l’extermination des vaincus, une sorte de chevalerie commençait àseglisser dans lesmœursguerrières des Polynésiens. A la Nouvelle-Zélande, les chefs vidaient parfois leurs querelles en combat singulier*. Sur le champ de bataille, ilétait ordinaire que quelques guerriers sortissent des rangs pour défier les plus braves de leurs adversaires, tout à fait à la manière des héros d’Homère 3.
Encore une fois ici le mal a dû enfanter le mieux, et l’idée des combats singuliers a sans doute été inspirée par la crainte d’une totale destruction.
Aux Sandwich, ce même souci avait suggéré des mesures humanitaires; il existait des lieux de refuge, des asiles, où