Moerenhout, Voyage aux îles, etc., p
non seulement les femmes et les enfants, mais même les guerriers vaincus pouvaient trouver un refuge. Des drapeaux flottant aux quatre coins de l’enceinte sacrée l’indiquaient au loin aux fugitifs et il y étaient en sûreté*. Sur ce point la morale publique s’était développée et formée.
L’habitude des combats maritimes, où il fallait lutter pied à pied, sans ruse de guerre, sur les plates-formes des pirogues doubles, indique aussi chez les Polynésiens une tendance à envisager la guerre d’une autre manière que la chasse.
Par une anomalie étrange que pourrait, seule, expliquer l’histoire lointaine de la race, si on la connaissait, des pratiques chevaleresques s’observent dans les guerres des Australiens, occupant pourtant le dernier échelon de la hiérarchie des types humains et, avec d’autres traits moraux singuliers, fortifient l’opinion qui met dans l’Inde le berceau de ces Mélanésiens inférieurs.
En Tasmanie et en Australie, la guerre consistait non pas toujours, mais souvent, en une série de duels. Les deux troupes ennemies se rangeaient en armes en face l’une de l’autre, chacune d’elles couvrant ses enfants et ses femmes. Puis les combattants sortant des rangs, un à un, se défiaient, exécutaient une danse de guerre et, en fin de compte, se lançaient mutuellement leurs javelots, puis se reliraient ou étaient emportés, cédant la place à un nouveau couple de champions. Au besoin, la série étant épuisée, on en recommençait une autre de nouveaux combats singuliers, à la massue celle fois,, chaque combattant devant donner et recevoir un seul coup, mais sans parer. Le parti le plus maltraité se déclarait vaincu 2. Bien plus, on a vu des Australiens, dans un conflit