Baudin, Hist. univ. des voyages, l. XVIII, p
LA MOHALE BESTIALE.
liorcle, tout homme a le droit de battre une lemme quelconque, avec cette condition cependant que le mari de la femme battue ou blessée aura la faculté de se venger sur la femme du coupable : cette compensation suffit à la I justice australienne
Ce n’est pas tout : l’Australienne n’a pas que les hommes à redouter. Les femmes sont toujours disposées à faire du zèle aux dépens de leurs compagnes de misère. Quand un homme veut châtier sa femme, il n’a qu’à l’abandonner à la merci des femmes de la tribu. Celles-ci alors se font une joie de la renverser, de s’asseoir sur elles et de lui scarifier les membres avec des pierres tranchantes L C’est que l’Australienne ne vaut guère mieux que son maître et qu’en tout pays l’habitude de l’oppression rend lâche. Maltraiter une femme qui a encouru le déplaisir de son propriétaire, c’est se ranger du côté du plus fort, flagorner le tyran, qui pourrait aussi vous opprimer. Ce genre de courtisanerie féroce n’est pas spécial à l’Australie.
Du plus au moins ces mœurs plus que bestiales régnent dans tous les archipels mélanésiens. A Viti, les hommes s’amusaient parfois à attacher leurs femmes à un arbre pour les fouetter ; ils pouvaient les maltraiter, les tuer et même les manger, si bon leur semblait. A Viti, comme en Australie et en Tasmanie, les femmes prenaient leurs repas à part I et après les hommes En compensation, les femmes des I chefs devaient s’étrangler elles-mêmes à la mort de leur 1 mari : quand elles hésitaient à le faire, les fils les sup- I pliaient tendrement de s’exécuter, car les enfants des ^ lemmes ainsi suicidées succédaient à leur père de préféirence aux fils des autres femmes. En cas de refus obstiné,