BASES THÉORIQUES ET EXPÉRIMENTALES
On désigne par le terme «exclusion du pylore » une opération qui se propose de mettre le pylore et le duodénum hors de la circulation gastro-intestinale et de créer une nouvelle voie directe gastro-jéjunale au cours du bol alimentaire.
C’est à la suite des échecs de la gastro-entérostomie * simple, et des expériences faites pour en trouver l’explication que cette méthode a été conçue. En effet, la G. E. n’a pas toujours donné le résultat cherché, c’està-dire la mise au repos complet de l’ulcère, suivant un principe fondamental de pathologie générale qui demande pour obtenir la guérison d’une lésion la suppression des irritations extérieures, des mouvements qui la déplacent, des contractions musculaires voisines qui la tiennent dans une perpétuelle agitation.
L'influence de la gastro-entérostomie simple sur les pertes de substance gastrique ou duodénale expérimentales a été étudiée par HABERER, puis plus récemment par HILAROvICZ. HABERER n'a pas publié ses résultats. Il en parle incidemment dans une publication, pour dire qu'il s’est heurté à des difficultés trop
grandes et que les résultats obtenus ne permettent aucune conclusion.
HILAROVICZ a réussi par une téchnique qu'il serait trop long d'exposer ici, à produire sur l'estomac du chien une perte de substance de caractères à peu près fixes, et ne guérissant que très lentement. Il a remarqué, lorsqu'il adjoignait une gastro-entérostomie, une guérison beaucoup plus rapide.
La ligature du pylore entraînait l'effet contraire, et augmentait la tendance à l’ulcère peptique, mais cette ligature a toujours été posée par lui en aval de la perte de substance. Ces expériences n’ont donc qu’un intérêt minime relativement à notre étude.
Nous avons essayé nous-mêmes des expériences pour contrôler l'influence de la ligature du pylore sur la cicatrisation d’une plaie située en aval. Mais dès le premier essai, nous nous sommes heurté à de telles difficultés (impossibilité presque absclue d'obtenir plusieurs cas comparables entre eux, des pertes de substance identiques) que nous y avons renoncé.
La gastro-entérostomie remplit-elle toujours son rôle? Les irritations extérieures sont-elles toujours supprimées, la musculature voisine est-elle mise au repos absolu? Non. L’expérimentation et la clinique le prouvent.
Cliniquement ne constate-t-on pas grâce à la radioscopie qu’une gastro-entérostomie cependant bien faite, bien placée et suffisamment large ne fonctionne pas toujours seule et qu’une bonne partie de la bouillie opaque passe également parfois par le pylore?
Cette question du fonctionnement d’une G. E.
avec pylore perméable est à peu près résolue à l'heure