CONTREDIRE. — CONTRIBUER
CONTREDIRE, act., avec un nom de chose pour régime, s'opposer à :
Un père qui ne se montre que pour consonlir ou contredire le mariage de ses enfants. (Prem. Disc.)
— RIEN CONTREDIRE, Contredire en rien :
En l'état où je suis, les maux dont je soupire
M'ôtent la liberté de te rien contredire. iTite et lier., i, .3.)
CONTREFAIRE le, suivi d'un adjectif:
L'Académie, dans ses Sentiments svr le Cid., parle ainsi de cette
locution :
« Contrefaites le triste. » L'observateur n'a pas eu raison de reprendre cette façon de parler, qui est en usage ; mais il est vrai qu'elle est basse dans la bouche du roi.
Voltaire ajoute dans son Commentaire:
« Elle est basse dans la bouche de tout personnage tragique. »
— DES VICES CONTREFAITS, dcs viccs fcints, simulés :
Qui sait faire sa cour se fait aux mœurs du prince;
Mais il fut tout à soi quand il fut en province,
Et sa haute vertu, par d'illustres effets,
Y dissipa soudain ces vices conlrejails. {Olh., m, 3.)
Contrefait s'employait dans des cas assez nombreux, avec cette signification de feint, simulé :
Une race mêlée et corrompue, des demi-chrétiens, des chrétiens mondains et séculiers, une piété bâtarde et falsifiée, qui est toute dans les discours et dans un extérieur conlrejaii. (Boss., Panég. de S. Victor, m.) — Un ris forcé, des caresses contrefaites. (La Bruy., Curaci., viii.) — Hauteur ridicule et contrefaite. (Id., ibid.)
CONTRF^POISON, lig. :
Il n'est point de co)itre-poisons Contre le noir venin des langues médisantes. {Trad. du l'.s. cxix.)
CONTRE-TEMPS, des contre-te.mps de k.\illerie, pour des railleries à contre-temps :
Quittez ces contre-temps de froide raillerie. (Don Sanclie, i, 4.)
CONTRIBUER, act. contribuer quelque chose, comme con-
tribuer en quelque chose :
Après, achève seul ; je ne puis sans supplice
Forcer ici mon bras à te faire service;
Et mon reste d'amour, en cet enlèvement,
Ne peut contribuer que mon consentement. {La PI. lioy., iv, 2.)
CONVERTTli. — CORPS. 145
Mais un moment l'élève, un moment le détruit.
Et ce qu'il contribue à notre renommée,
Toujours en moins de rien se dissipe en fumée. I Hor., v, 3.)
L'obscurité que fait en celle-ci ( cette pièce) le rapport à l'autre a i)u contribuer quelque chose a sa disgrâce, y ayant beaucoup de clioses qu'on ne peut entendre, si l'on n'a l'idée présente du Menteur. [Exam. de la Suite du Ment.)
C'a été longtemps la seule forme usitée :
Il suffira pour le présent que cculx du plat pays contribuent ii la garde d'icelle ce qu'ils doibvent pour les surprises. (Le», miss, de Henri IV, t. iv, p. 34.)— Nous contriùueroifi franchement, pour mettre tin à ceste guerre, nostre peine, tous nos moyens, nostre sang et nostre propre vie. [Ibid., p. G-2-2, 25 juill. 1596.) — Pour remédier donc à ce mauvais etfet, il est bon de concevoir quelquefois ces vérités si terribles en elles-mêmes pur quelques images qui les rendent plus sensibles, el peut-être que celle dont nous nous servirons ici y pourra contribuer quelque chose. (Nicole, Ess., Traité des quatre fins dern., il, 2.)
CONVERTIR EN FUMÉE L'oïKil-KIL UE :
Il passa comme vous les monts à main armée, 11 sut ainsi que vous convertir en fumée L'ort/ueil des ennemis et rabattre leurs coups.
(.1 M'jr. le card. de Uicltel.., Sonuit.'
CONVIER DE, invilcr à, avec un iiuiu de chose [)oui' sujet :
Parois, il en est temps, viens en dépit des dieux,
Sauver ton .Andromède ou périr à ses yeux.
L'amour te le commande, et l'honneur l'en convie. {Androm.. in, 2.,
— CONVIÉ, invilt', }»rt'ssé, en général :
Par quelque haut récit qu'on en soit conviée
C'est grande avidité de se voir mariée. [Le Menteur, ii. I.)
« Cette expression convire , dit Vollaiic, i)ii.sr en ec sons, n'est |»lus d'usage; mais j'ose croirr <|nc si un voulait rrin|iliiyt'f à piopds, dit' reprendrait ses [ireniiers droits. » Il nous [larait superflu de ciler des exemples [)our montrer (pie cette signilicalion est rentrée dans l'usage fréquent.
CORNU, l)i/,arre, ahsnrde. coNsÉgt i:Nr.i;s coiiM es :
Kt vous avez avancé des maximes de théâtre de votre seule autorité, dont toutefois, quand elles seroient vraies, vous ne pourriez tirer \ei conséquences cornues que vous en tirez. [Leit. miotoij.)
CORPS. Su|)erl)e emploi au fig. :
L'empire est a donner, et le sénat s'assemble
l'our choisir une tête à ce ijrand corps qui tremble.
Et dont les Huns, les Goths, les Vandales, les Francs,
Bouleversent la masse et déchirent les flancs. l'ulch. i, 1.)