‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du 17e siecle en général (volume 2)Chapitre 103 sur 253 · CORSAIRE. — COUCHER · texte numérisé non relu

CORSAIRE. — COUCHER

CORSAIRE, fig., pour désigner le ravisseur d'une femme :

N'en doute plus, Philiste, un ravisseur infâme

A mis en son |iouvoir la reine de ton âme,

El peiU-ètre déjà ce corsaire effronté

Trioniplie insolemment de sa fidélité. [La Veuve, iv, 1.)

COTE. DU cÔTK DE, ce qu'on dit aujourd'hui assez mal, sous le rapport de :

J'en remporte cette satisfaction, que je laisse le théâtre franyois en meilleur état que je ne l'ai trouvé, et du côté de l'art et du côté des mœurs. [Penh., Avis au lect. des prem. édit.)

Nous citerons, plutôt cotnme approchants que comme tout à fait semblables, les exemples suivants :

Les raisons qu'elle avoil de ne point épouser M. de Nemours lui paroissoienl fortes du côié de son devoir, et insurmontables du côté de son repos. (M"' le La Fayette, La princesse de Cléves.) — Mille idées effrayantes venoient l'assiéger du côlé de l'avenir. (Pbév., Mém. d'un homme de quai. , i.)

COUCHE, s. fém. sing., pour signifier enfantement, couches :

Vierge devant ta couche, et vierge après ta couche.

[Œuv. div., Louanges de la Vierge.) Et ta virginité dans la couche est la même. (Ibid.)

Ce singulier était très-usité avant Corneille :

M"^ de Guise s'en estoit allé à Paris pour y faire sa couche- (Pasq., Lett., xiu , 5.) — M"^ la princesse avoil résolu d'y faire sa couche, et y avoit fait tout préparer pour cet effet. (Malh., Leit., à Peiresc, 24 mars 1610.)

— COUCHE, pour désigner l'union conjugale :

Bérénice est toujours digne de votre couche. [Tue et Bérén., n, 2.)

COUCHER AU TOMBEAU, comme précipiter aie tombeau :

.... votre fourbe maudite, Dont je fus à regret le damnable instrument^ À couché de douleur Tirais au monument. [MéL, iv, 6.)

— COUCHER d'impostuue, \)o\iY p(ttjer d'impostures, par une ligure empruntée au jeu :

Vous couchez d'imposture, et vous osez jurer,

Comme si je pouvois vous croire ou l'endurer. [Le Ment., iii, 5.)

Molière a dit de même, probablement par imitation :

Oui, traître, c'est ainsi que tu me rends service!

Je viens de tout entendre, et vois ton artifice :

A moins que de cela, l'eussé-je soupçonné?

Tu couches d'imposture, et tu m'en as donné. (L'Étourdi, i, lU.)

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