MÉPRIS SI CUISANT
Des pleurs elTacent-ils un mi'pris 31 cuisanl? {La PL lioy., m, 4.)
CY. EST-CE CY? comme est-ce là?
Quelle énigme eir-ce cij, madame? [Oih., 11, 3.}
CYPRES. Emploi hardi dans le sens figuré de deuil :
Quoique pour ce vainqueur mon amour s'intéresse,
Quoiqu'un peuple l'adore et qu'un roi le caresse,
Qu'il soit environné des plus vaillants guerriers,
J'irai de mes cyprès accabler ses lauriers. {Le Cid, iv, 2.)
DANS pour sur. dans le trône, pour sur le trône :
Aujourd'hui dans le irôiie, et demain dans la boue. [Pot., iv, 3.)
.S'il n'est pas dans le trône, il a droit d'y prétendre. [(Ed., 11, 1.)
Nous croyons inutile d'in{ii(pier toutes les autres phrases de Corneille où cette locution est encore employée.
C'était la forme habituelle en prose comme en vers : •
Si ce roi venait à ne se pas maintenir f/n«s le trône, \\ faudrait.... (BussY,Mém., 1663). Pour avoir violé ses droits (de l'Église), Henri est mal assuré dam son trône. (Boss. , Panéfj. de S. Franc, de Caniorbénj, V^ p.) — Ce prince entre dans Erfort, et y reçoit dans un trône , sur les degrés de la grande église, l'hommage que ses prédécesseurs n'avaientpu obtenir depuis six vingts ans. (Pelliss., //ivj. de Louis XIV, 1. 11, xl664.j — Il résolut délever son fils Gratien avec lui duns le trône. (Mézkr.; Hisl. de Fr. avant Clov., 111, 9.)
Mais je suis dans le trône, et j'en connois les droits.
(T. Corn., Maxim., 11, 1.)
— Corneille a employé dans d'une manière assez particulière, et av(!c la signification à peu près de vu :
Dans le pouvoir sur moi que ses regaids ont eu,
Je n'ose m'assuicr de toute ma vertu. (Pot., i, 4.)
De cet emi)loi de notre poète, on peut rapprocher cet autre de son frère :
Dans ce que d'un mourant le ciel nous fait entendre.
C'est trop que d'accuser, songezà vous défendre. (T. Cor.n., Maxim. ,\, 6.)
— iiA.NS, siyniliiuil nrcc :
J'en mourrai du moinenl qu'il recevra sa foi.
Mais daui celle douceur, qu'ils tiendront tout de moi. l'alcli., ii, 1.)
DE , dans le sens de par :
Sans autre conjecture,
Je te rends convaincu de ta seule écriture. [Clii., i, 9.)
Ce qu'il ne peut de force, il l'entreprend de ruse. [Pol., i, 1,)
Il faut agir de force avec de tels esprits. [Hér., i, 1.)
' »ii a (lit ( II' int'ino :
La Bourgogne a son duc, qui, de ruse secrette,
Employé un chicaneur pour estoufTcr sa dette. (D'Albig., Traq. m.)
Il sufîit (le i)résenter un petit nombre d'exemples de cet emploi de la préposition de dans le sens dey/f?/', usité encoi'o aujourd'hui, mais moins frécpiemment :
De hazard il tourna les yeux sur moy en passant. (GoMiiEnv. , Cyihtr., !"■' p., 1. I.; — Elle se saisit d'une flèche à long fer, qui de hazard estoit auprès d'elle.
Id. , ibid., 1. V.) — Ce que j'avois cru fait de hazard, étoit fait de dessein.
M""= uii ViLLED., Vie deH.-S. de Mol., v.) — De bonheur pour elle ces gens partirent presque aussitôt. (La Font., Am. de Pii/clié, n.) — La ville est fort ruinée du j)assage des gens de guerre. (Bussy, Curie (jéoijr.de la Cour.)
— UE, dans le sens de pour :
Je forme des soupi.ons «/'un tro[) léger sujet. Uur., i, 1.)
— i»'i N su,!i:t m noi, de ht [»art d'un sujet à l'c^ard truii roi :
Un ainanl peut se taire, .Mais d'un xujci uu roi, c'est crime qu'un mystère. {Sur., iv, 3.)
— UK, pour un, quelque:
El ne permettez pas que cette illusion
.\ii.\ mutins conlie nous prête d'occasion. l'cnh., iv, 2.)
— i)E, dans le sens d'avec, de I'Liss.v.nci; aksoi.i i ;
Sa mère peut agirrfc puissance absolue. ("«?', n, 4.)
.Xgissez donc, seigneur, de puDuanre absolue. l'eiili., iv, 9.)
I Ml a dit eoiiime Corneille :
J'allois donner au fort les ordres nécessaires .V pouvoir soutenir l'assaut des adversaires, ijuaud pioche de la tour ou me vint avertir oue pour voir les Boniains vous en alliez sortir; Et (ju'à notre dévu, di puissance absolue.
Vous aviez avec eux une trêve conclue. (Montfl., La mon d' Asdr . , iv, 3.)
Au lieu que le roi envoie Arias vers le comte, pour le porter a satisfaire
Don Diégue, il falloil ipi'il lui envi.yAt des gardes pour empêcher la suite que