DE
poiiiToit causer le ressenlimcnt de cette otïense, et pour ï obliger de puhsauciabsolue à la réparer avec une satisfaction digne de la personne offensée. (Sent, de l'Acad. sur le Cid.)
Corneille a dit encore dans le sens d'aix'c :
Son fils et deux valets me coupent le chemin.
Furieux do ma \)erle, et combattant de rage,
Au milieu de tous trois je me faisois passage. [Le Meni., n, 5.)
Polyeucto pour vous ne manque point d'amour,
S'il ne vous traite ici (^/'entière confidence. [PoL, i, ^i.)
Des mystères sacrés hautement se moquoit,
Et trailoit (/e mépris les dieux qu'on invoquoit. Jbiil., m, 2.)
Et de quelque rigueur que le destin me traite.
Je perds moins à mourir qu'à vivre leur sujelte. [Roiloij., v, 1.)
Il veilla comme vous J'un soin infatigable; Il fut ainsi que vous le cœur d'un roi Louis.
{À Mfjr le card. de Hichel., sonnet.)
Et, de quoi que sur tous il soit avantagé,
Il ne doit ni s'enfler de son propre mérite,
Ni traiter de mépris le plus mal partagé. [Imit., m, 22.)
De, dans le sens d'avec, pour marrjuer la cause, la matière, l'instrument, était d'un emploi bien plus fréquent et plus varié qu'aujourd'hui. Nous présenterons seulement quelques exemples :
ilésistez virilement et de courage contre les desseings des ligueurs. [Leii miss, de Henri IV, t. il, p. 496 , 2 juin 1589.) — Les Germains ne bâtissoient point de pierre, de chaux ni de ciment, mais de bois sans être dolé. (Mézer., Hisl. de Fr. av. Clovis, 1.) — Le connestable se detïendit quelque temps avec beaucoup de cœur d'un coutelas qu'il portoit ordinairement. (Vuls. de la Colomb , Les Vies (ieshomm. (7/., etc., Clisson.) — Le dessein do M. de Turenne étoit de les obliger ou à reculer tout droit dans la montagne, ou à faire un mouvement de travers dans l'espace du vallon qui leur restoit, et dans ce mouvement qui les déconcertoit, les attaquer de toutes ses forces. (Pelliss., Leil. hist., 31 juill. 1675.) — Il s'approcha de ma portière, et me demanda en me baisant la main, de cet air tendre qui lui sied si bien, si je retournois chez moi. (M'= de Courc, Mém.) — 11 chargea Verville de furie. (Scarr., Rom. corn., 2e p., ch. 1.) — En disant cela il vint à moi de furie. (Id., ibid.) — Quand on porta cette déclaration au parlement, il s'y opposa de la plus grande force du monde. (D'^ de Nem. , Mém. , IG51.) — il l'a suivi dans la première disgrâce de sa fortune, d'une constance dont on voit peu d'exemples. (Hamilt., G'/ amm., c. v.) — Il lui parlait tant qu'il pouvait, et la lorgnait d'une grande assiduité. (Id., ibid., c. vu.) — Il attendoit la mort d'une constance ferme. (M'"^ d'Auln., Hisl. d'Uypol-, i.)
D'Olivet l'a justement remanjué : rien n'est si familier à Racine et à Despréaux, que l'emploi de la préposition de dans le sens. d'avec ou de pa7\ [Rem. sur Racine, vu.)
Nous nous contenterons d'un seul exemple de notre siècle :
Temps jaloux, se peut-il que ces moments d'ivresse. Où l'amour à longs flots nous verse le bonheur,
DE. I (i-i
S't'Dvolenl loin du nous de la inùinc vilcsse '
Que les jours du malheur? (Lamaut., )léttu., \o Lac.)
— f>i:, jxuir siyiîilior entre:
Et je ne sais pas bien où ponclieioit son choix,
Si le ciel lui donnoit à choisir (/e deux rois. {Afj&s., iv. 2.)
Si j'avois comme vous île doux rois à choisir.
Mes déplaisirs auroient peu de ciiose à iirélendre. [lbi<l., iv, 4.)
— DE, ellipse :
Mes deux héroïnes ont le même caractère de vouloir épouser par ambition un homme pour qui elles n'ont aucun amour, et le direix lui-même. [Leli. à M. l'abbé de Pure, 25 août IGOO.)
Et ce sont des Romains, dont l'unique souci
Est de cumbalire, vaincre et liiorn plier ici. {Sert., v, 1.)
Il n'y a (ju'mi scnutiilc de |iinisif (|iii pourrait empêcher de parler comme Corneille dans ce dernier exemple; et le poëte n'est pas plus hardi ici que tous les bons écrivains du dix-septième siècle, même en prose.
— DE, pour (juc de :
Il ne sait ce que c'est d'honorer ù demi. Ilor., iv, 2.)
Cedevroit être aussi notre unique pensée
De nous fortifier chaque jour contre nous. timi., i, 3.)
Cette ellipse, qui a l'avaiilaye de donner de la léj^èreh' à la phrase, était des j)lus l'réquentes au seizième et au dix-septième siècle :
Qu'un moine ait été si malheureux et si méchant «/'assassiner son roi. (Pasq. Lett., XIV, 1.) — Me penses-tu si lourdaut de te croire? (Fn, D'AMn., Les Napol., 11,7.) — 11 n'estoil pas si mal advisé «^'attendre ! ;ld., ibid., ni, 6.) — L'on n'est pas si hardy d'attaquer un Estât, que l'on sçait bien prest et bien garuy. (Chaiib., La Sagesse, m, 2.) — Mais ils ne seront si mal avisés d'attendre le coup. (Malh. , Leil., à Couill. -Mail).)— Quant aux j;rands qui fomentent la ^'uerre, ne vous imaginez pas qu'il y en ait un si hardi de faire semblant d'y penser. (Id., ibid., 21 janv. 1G28.) — Henversant comme un vrai foudre do guerre tous ceux qui furent si hardis de l'attendre. (Vulson, Les liamiii. ill., Henri IV.) — On vit consumer par le feu dans Athènes en plein marché les livres de Prutagoras, parce qu'il avoit esté si impie dans leur commencement de douter de l'existence dos dieux. (Le Vayeu, Observ- sur la coiiipos.
Qui te rend si hardi de troubler mon breuvage? (La Font., Fabl., i, 10.)
Une pareille nouvelle méritait bien, ce me semble, qu'on en doutât un peu de temps, et c'est tout ce que vous pourriez faire de la croire, si je vous l'avais dite moi-même. (Mol., Princesse d'Elidc, iv, 4.) — Quoi déplus digne de son ministère et de [dus respectable, même aux yeux du monde, de ne pouvoir être diverti par toutes les sollicitations humaines ni de la sainteté de ses fonctions, ni du service de ses frères? (Mass., Coiijér., sur la fuite du monde, l' réflex.^ — Une fille, (|uelques charmes qu'elle ait, perd beaucoup de ses ajipas quand elle est assez imprudente i/'accordcr des rendez-vous. (Maiiiv., Vit de Marianne, xii.)