‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du 17e siecle en général (volume 2)Chapitre 121 sur 253 · AVOIR DÉPIT QUE · texte numérisé non relu

AVOIR DÉPIT QUE

J'ai dépit que le sang me lie avec Philiste,

Et qu'ainsi malgré moi j'aime un de tes amis. {La Veuve, iv, 8.)

DÉPLORABLE, avec un nom de personne, qui mérite qu'on pleure sur lui :

Déplorable, le ciel te veut favoriser

D'une bonne fortune, et tu n'en peux user. La Veuve, m, 7.)

DEPLORK. — DKPUrS. 183

Prêta suivre parloiil le dt'plontùlc Oresic. (IUcinij, Amlrom.. i, 1.)

Il y a partout do quoi riro etdo quoi pleurer. Le monde est ridicu'e et j'en ris. Il cai, (léplordùtc. et vous en pleurez. (Fén., Dial. (Usmnris, i, :t.)

La dernière édition du l)icf tonnai re de t'Acnrhhnic a enregistré celte acception dt; (li'plnrdhlc avec cette observation : « Il se dit qu(!l([uetbis des personnes, en poésie et dans le style soutenu. »

Les grammairiens du dix-huitième siècle, se conformant aux décisions des j)remières éditions du Dictionnaire de l'Acadénde, proscrivaient ce sens si naturcd et si ni'cessaire par sa brève énergie.

« Déplorable, dit l'abbé d'Olivet, est un mot qui ne s'applique qu'aux olioses ; et le Diclioimaire de l'Académie en avertit expressément. Il y a cependant d'autres endroit-; où Racine l'applique à des personnes, et même dans ses dernières ' tragédies, nuand une faute ne se trouve qu'une seule fois dans un auteur, il est naturel de la croire l'elTet d'une simple inadvertance, qui ne prouve rien. Mais si l'expression est répelée dans des ouvrages différents, et qui ont été faits à dix ou douze ans l'un de l'autre, cela prouve que c'était une e.\|tression avouée par l'auteur : et dés lors, quand il s'aj,'it d'un auteur tel que liacine, il est toujours à propos d'observer quelles sont les manières de parler qui ont pu ne lui pas déplaire, quoique l'usage ne les eût pas autorisées. » [Kern, sur liuciue, xxxv.)

IJÉPLORÉ, déplorable, sort déplokk :

Je vous aurois peut-être alors considéré

Plus que ne m'a permis un sort si déploré. [U. Sunclw, m, 1)

Votre sort est fàcbeux, mais non pas déploré,

Puisque vous rencontrez un asile assuré. ,T. Cou.n., l.c Iknj.exir., m. A.)

— PÉCHKUU DKf'LoiiK, coniine pécheur désespéré :

Ces méchants endurcis, ces péclteurs déplorés. [Imii.. iv, 8.)

DKPLOKER, avec un nom de personne, [tieuier sur :

La gloire de ce cliuix leur est si précieuse

El cliarme tellement leur âme ambitieuse,

(.lu'alors qu'on les déplore ils s'estiment heureux

Et prennent pour aiïront la pitié qu'on a d'eux. [llur., m, -2.)

DÉPOUILLER l'iiommi:, se (l.pnuillcr des faiblesses de l'humanité :

.Mais )\ti dépouillé Itiumiiw. .1 IMimi ma secouru. [TUtod.. v, 3.)

C'est une t'X|>r('ssioii di' hi laii|4ue ecclésiastique. DEPUIS ui'K, dès que, du innuicnt que, di's là qur :

.Mais un amant f;\cheu\, siut de jour, soil de nuil, Toujours à contre-temps à nos yeux se produit,

' Phèdre, II, i. 6:. — .H/ia/i>. I, 1 . HO.

Page 1