‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du 17e siecle en général (volume 2)Chapitre 134 sur 253 · DISPUTER. — DIVAGUER · texte numérisé non relu

DISPUTER. — DIVAGUER

DISPUTER AVEC, fig., avec un nom cU; chose pour sujet :

Si je puis me fier à sa lumière sombre

Dont l'éclat brille à peine, et dispute avec l'ombre,

J'entrevois le sujet de mon jaloux ennui. Clii.. i, 1.)

DISSIPER, pour signifier faire évanouir, éclipser, <'ii parlant de gloire :

Un vainqueur dans le Irône, un conquérant qu'on aime,

Faisant justice à tous, se la fait à soi-même!

Se croit usurpateur sur ce trône conquis!

El ce qu'il ôte au père, il veut le rendre au fils!

Comte, c'est un effort à dissiper la gloire

Des noms les plus fameux dont se pare l'bistoire. [Penh., u, 4.)

DISTANCE, fig. :

D? le croire à l'aimer la distance est petite. i f.e Meut., iv, 9.)

DISTILLER (se) en, comme se fondre en:

Cent nuages épais se disiilluiii en larmes. <Clii., iv, 2.)

DISTRAIRE, détourner, sans régime indirect :

Pourquoi suis-je Romaine, ou que n'es-tu Romain?

Je te prépareiois des lauriers de ma main,

Je t'encouragerois au lieu de te di.uraire,

Et je te traiterois comme j'ai fait mon frère, (Uor., u, 5.)

— SE DisTitAiHE, saus rég. indir., pour signifier s'écarter, se tenir à l'écart, s'éloigner :

Je saurai l'amuser, et vos feux redoublés Par son fàcbeux abord ne seront plus troublés. THÉANTE. Ce seroit prendre un soin qui n'est pas nécessaire; Daplinis sait d'elle-même assez bien 5e distraire, Et jamais son abord ne trouble nos plaisirs, Tant elle est complaisante à nos cbastes désirs. La Siiiv., i, 3.)

DIVAGUER , au sens matériel , errer çà et là :

Qu'il est dur, au contraire, et scandaleux d'en voir

S'égarer cbaque jour du cloître et du devoir,

Divaijuer en désordre et s'empresser d'affaires ! Imit., i, 5.)

— Dt même au sens moral :

Élève tout mon cœur au-dessus du tonnerre,

Fixe-le dans les cieux.

Et ne le laisse plus divuijuer sur la terre

Vers ce qui brille aux yeux. {Itnit., iv, 16.)

Je n'étais qu'une âme errante qui divaijuait cà et là dans la campagne pour user les jours. (Lamart., Graziella, iv, 2.)

DIVKKS. — DIVISKK. 21»

DIVKRS. (ioi'iicillf (lit (riiiic iiiaiiicrc lr»'s-i)arli(;iili('r(' : \<tiu k'ln («il divers, voir crun d'il (lillVueiil :

L'Iijnien qui nous allaclie en une autre famillo

Nous détache de celle où l'on a vécu fille;

On vuii tl'u)i œil divers des nœuds si difTérents,

Et pour suivre un maii l'on quitte ses j)arents. [Hor., m, J.)

DIVKIISITE, a\tH' Ir i>liif., dans le sens de choses contraires, • •pposées :

Eux ou moi nous avons la cervelle troublée;

Si ce n'est qu'à dessein ils se soient concertés

Pour me faire enrager par ces diversiu-s. [La "^'uir., v,l.)

IdVKRTIR, délOLirner :

Rien ne seil de prier : mon esprit épuisé

Poui divertir ce coup n'est point assez rusé. ^La Veuve ii, G.)

Mais si vous ne pouvez arrêter ses saillies,

Divertissez ailleurs le cours de ses folies. ^L'Illns. ium.. ii, 7.)

Quand de sa folle erreur vous l'auriez diverti.

En vain de ce péril vous le croiriez sorti. (TIfod.. v, 1.)

(Jonieillc l'a employé, assez peu correcteiiK.'iit , ce scinlile, pour signiller faire porter ailleurs :

Toute une légion de rivaux de sa sorte

Ne divertirait pas l'amour que je vous porte. MéL, ii, 10.)

Divertir, pour ditnurner, était autrel'ois d'un cinplni Irèst'ré(juent :

Mais il faut c/itt;7«V l'orage qui s'apprête. (T. Corn., Lejtiut'iMnit., i\, l.) Voire feinte douceur forge un aniusenienl

Pour divertir l'effet de mon ressentiment. (.Mot., Don Gimte, iv, 8.)

, (j'esl trop de patience, et je dois en sortir

.\prus de si beaux coups qu'il a su diverur. [Id., L'Etouult, m, 1.)

Cr pi'tit noiubre d'exemples sullil pour une signilicatiun non eiic(.>re t»»iniié(' tout à l'ail, heuieiiscnifnt.

— lUVEiiTin SLS Esi'UiTS .\ ,un iulinilil , les lli^ll■aire :

Vous pouvez cependant divertir vos esprits

À rendre compte au roi de \os justes mépris. [Aiidrom., v, -2.)

niVISKK DE, d'avec, pour séparer de, st'itarer d'avec :

I ilte ùme, d'ttiec soi tout a coup divisre,

Ueprend de ses remords la cliaiue mal brisée. [Sert., i, 1.)

« Divisée d'avec soi, * >^'st une l'atite conlre la langue; on est

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