DISPUTER. — DIVAGUER
DISPUTER AVEC, fig., avec un nom cU; chose pour sujet :
Si je puis me fier à sa lumière sombre
Dont l'éclat brille à peine, et dispute avec l'ombre,
J'entrevois le sujet de mon jaloux ennui. Clii.. i, 1.)
DISSIPER, pour signifier faire évanouir, éclipser, <'ii parlant de gloire :
Un vainqueur dans le Irône, un conquérant qu'on aime,
Faisant justice à tous, se la fait à soi-même!
Se croit usurpateur sur ce trône conquis!
El ce qu'il ôte au père, il veut le rendre au fils!
Comte, c'est un effort à dissiper la gloire
Des noms les plus fameux dont se pare l'bistoire. [Penh., u, 4.)
DISTANCE, fig. :
D? le croire à l'aimer la distance est petite. i f.e Meut., iv, 9.)
DISTILLER (se) en, comme se fondre en:
Cent nuages épais se disiilluiii en larmes. <Clii., iv, 2.)
DISTRAIRE, détourner, sans régime indirect :
Pourquoi suis-je Romaine, ou que n'es-tu Romain?
Je te prépareiois des lauriers de ma main,
Je t'encouragerois au lieu de te di.uraire,
Et je te traiterois comme j'ai fait mon frère, (Uor., u, 5.)
— SE DisTitAiHE, saus rég. indir., pour signifier s'écarter, se tenir à l'écart, s'éloigner :
Je saurai l'amuser, et vos feux redoublés Par son fàcbeux abord ne seront plus troublés. THÉANTE. Ce seroit prendre un soin qui n'est pas nécessaire; Daplinis sait d'elle-même assez bien 5e distraire, Et jamais son abord ne trouble nos plaisirs, Tant elle est complaisante à nos cbastes désirs. La Siiiv., i, 3.)
DIVAGUER , au sens matériel , errer çà et là :
Qu'il est dur, au contraire, et scandaleux d'en voir
S'égarer cbaque jour du cloître et du devoir,
Divaijuer en désordre et s'empresser d'affaires ! Imit., i, 5.)
— Dt même au sens moral :
Élève tout mon cœur au-dessus du tonnerre,
Fixe-le dans les cieux.
Et ne le laisse plus divuijuer sur la terre
Vers ce qui brille aux yeux. {Itnit., iv, 16.)
Je n'étais qu'une âme errante qui divaijuait cà et là dans la campagne pour user les jours. (Lamart., Graziella, iv, 2.)
DIVKKS. — DIVISKK. 21»
DIVKRS. (ioi'iicillf (lit (riiiic iiiaiiicrc lr»'s-i)arli(;iili('r(' : \<tiu k'ln («il divers, voir crun d'il (lillVueiil :
L'Iijnien qui nous allaclie en une autre famillo
Nous détache de celle où l'on a vécu fille;
On vuii tl'u)i œil divers des nœuds si difTérents,
Et pour suivre un maii l'on quitte ses j)arents. [Hor., m, J.)
DIVKIISITE, a\tH' Ir i>liif., dans le sens de choses contraires, • •pposées :
Eux ou moi nous avons la cervelle troublée;
Si ce n'est qu'à dessein ils se soient concertés
Pour me faire enrager par ces diversiu-s. [La "^'uir., v,l.)
IdVKRTIR, délOLirner :
Rien ne seil de prier : mon esprit épuisé
Poui divertir ce coup n'est point assez rusé. ^La Veuve ii, G.)
Mais si vous ne pouvez arrêter ses saillies,
Divertissez ailleurs le cours de ses folies. ^L'Illns. ium.. ii, 7.)
Quand de sa folle erreur vous l'auriez diverti.
En vain de ce péril vous le croiriez sorti. (TIfod.. v, 1.)
(Jonieillc l'a employé, assez peu correcteiiK.'iit , ce scinlile, pour signiller faire porter ailleurs :
Toute une légion de rivaux de sa sorte
Ne divertirait pas l'amour que je vous porte. MéL, ii, 10.)
Divertir, pour ditnurner, était autrel'ois d'un cinplni Irèst'ré(juent :
Mais il faut c/itt;7«V l'orage qui s'apprête. (T. Corn., Lejtiut'iMnit., i\, l.) Voire feinte douceur forge un aniusenienl
Pour divertir l'effet de mon ressentiment. (.Mot., Don Gimte, iv, 8.)
, (j'esl trop de patience, et je dois en sortir
.\prus de si beaux coups qu'il a su diverur. [Id., L'Etouult, m, 1.)
Cr pi'tit noiubre d'exemples sullil pour une signilicatiun non eiic(.>re t»»iniié(' tout à l'ail, heuieiiscnifnt.
— lUVEiiTin SLS Esi'UiTS .\ ,un iulinilil , les lli^ll■aire :
Vous pouvez cependant divertir vos esprits
À rendre compte au roi de \os justes mépris. [Aiidrom., v, -2.)
niVISKK DE, d'avec, pour séparer de, st'itarer d'avec :
I ilte ùme, d'ttiec soi tout a coup divisre,
Ueprend de ses remords la cliaiue mal brisée. [Sert., i, 1.)
« Divisée d'avec soi, * >^'st une l'atite conlre la langue; on est