‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du 17e siecle en général (volume 2)Chapitre 141 sur 253 · EMI-RINTER DES AILES DE SON EFFROI · texte numérisé non relu

EMI-RINTER DES AILES DE SON EFFROI

Nous sommes seul à seul. Quoi! ton peu d'assurance

Ne met plus qu'en tes pieds sa dernière espérance?

Marche sans emprunter d'ailes de ion effroi.

Je ne cours point après dïs lâches comme toi. (C/«., i, !L'

EN, comme sur, en parlant de personnes :

J'aperçois Yinius. Qu'on m'amène sa fille.

J'en punirai le crime en toute la famille. (Utii., v. 1.)

— EN, comme pour, en moi, pour moi :

Pour faire dire encur aux peuples pleins d'eilroi

Que venir, voir et vaincre est même chose en moi. (l'omp., iv, ;5.)

— EN, pour de lui, se rapportant à un nom de personne :

Que cependant Félix m'immide à ta colère. Qu'un rival plus puissant éblouisse ses yeux.

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Qu'aux dépens de ma vie il s'ui fasse beau-père,

El qu'à litre d'esclave il commande en ces lieux. (/'"'-, iv, 2 )

yen ai fail un martyr, sa mort me fait chrétien,

J'ai fail tout son bonheur, il veut faire le mien. Ilntl.. v. 5.)

Sans l'avoir jamais vu je connois son couiage.

Oii'importe après cela quel en soil le visage?

Tout le reste me plaît, si le conir eu est haut.

Et si l'àme est parfaite il n'a point de défaut. {Suite du Meut., iv, 2.)

Régnez comme Attila, je vous préfère à lui;

.Mais point d'époux qui n'ose en dédaigner l'appui. [Atiild, ii,2.)

Oui, seigneur; Vous en voulez la main, et j'tx ai tout le cœur. TUc ei lin-., ii, 2.)

De quelque éclat qu'il se soil revêtu.

Un crime qu'il ignore en souille la vertu. Hnarl., ii, 3.)

Voltaire a critHiut'' ces derniers vers, croyant que m se rap- |)i)rtail ii innocence, (jui précède, ce (jui serait absurde, tandis <iu'il se rapporte, avec le sens si fn'(|uciit de (h' lui, an sujet de la ])lirase il [Martian.)

Le puëte se sert de même île en, pour de lui ou pour iinr lui, comme rt'gime indirect d'un verbe :

Tout est au-dessous d'elle, à moins que de régner.

Kl sans doute (lu'yEmon s'fH verra dédaigner. (Jlùl., i, 3.)

Ne pouvant citer tous les emplois ([ue l'ail CorneilU' de en pour lie lui, d'elle, d'eux, ou ^o\iv par lui, par elle, par eux, nous nous contenterons d'indi(|uer encore .: Ofli., ii, I ; il. 2; il, i: m. 3; L'Illus. corn., m, I ; Le Ment., iv, 7.

« Les poètes, observe un imteiir conleiiipitrain. uni emjdoyé souvent en au lieu île lui, ou d't7/c, mais par licence, par extension, et toujours dans un sens im-prisanl et odieux.

'x Vu vieillard amoureux, dit Corneille, mérite qu'on en rie.

<^ Pour punir un mécbant, dit Voltair»-, pour en tirer justice. » ^Phil. (".iiaslks, l'rrf. de la lirannn. nndun.'

Un trouve très-l'ré(pieniineiil , au dix-septième et mèiut.' au dix-huitième siècle, en, pour //c lui, ou pour />«/• loi, .se rapportant à un .substantif ou à un verbe, chez les prosateurs c(»mme chez les poêles, eniplovi' sans aucune idée ine[)risanle ni odieuse :

l'.elui qui est paysan et qui vit fort bien en paysan me semble plus louable que celui qui esl né gentilhomme et n'en fait pas les actions. (Soiiel, Fronrinn, xi.) — Comment peut-on aimer Dieu, quand on ntM entend jatnais i)arler' (M'"' db SÉv.,te»., limarslGTI.) — Il est bien difficile qu'on n'ait pas envie d'avertir ces sortes de gens cju'ils feroietit bien de se dire à eux-mêmes ce qu ils disent des autres, et de se reconnoilre dans les portraits qu'ils en font. (Nir.oi.E, Essais.

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