‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du 17e siecle en général (volume 2)Chapitre 142 sur 253 · EN · texte numérisé non relu

EN

De la connoiss. de soi-même, vu.) — Chaque instant qui m'en éloignoit eiïaçoit insensiblement son idée de mon souvenir, et dés les premiers moments que je vous ai vue, je ne m'e« suis plus souvenue du tout. (Hamilt., Fltiir d'épine.)

C'est sa tante ; pourquoi ne la verroit-il pas?

Il en doit recueillir un fort gros héritage. (Destolch., Le lUédia., u,7.)

J'adore Adélaïde et j'en suis estimé. (Pinox, G. Wasa, iv, 2.

Au roi que nous pleurons il laissa la couronne.

Constance oi est la sœur. (SauiuN; lUancIic et Guiscurd, i, 4.}

— i:.\, pour KN SA di':fe!nsk, comme on dit en sa faveur :

J'obéis, et me tais ; mais de grâce encor, sire,

lieux mots eu .■iu déjaise. [Le Cid, ii, ().)

— E.\, avec un nom de ville :

Avant qu'avec toute autre on me puisse engager.

Je serai marié, si l'on veut, en Akjer. (Le Ment . v, 6.)

On pourrait dire (\Vi Alger est ici pour Algérie ; mais dans nos anciens auteurs, et même chez des écrivains plus rapprochés de nous, en se trouve très-souvent devant un nom de ville ;

E« Amiens (Rabel.) — Ah ! Dieu ! est-ce la façon de faire en Paris? (Lariv., Le Morf., v, 1.) — Je vous feray le plus misérable homme qui soit aujourd'huy eti Paris. (Id., Le Laquais, ii, 3.) — Cest espagnol l'eust deshonorée et honnie e« Naples. (Fn. d'Ambois., Les Napol., m, 11.) — On alloit, dit-on, aux autres villes de Grèce, chercher des rhetoriciens, des peintres, des musiciens; mais en Lacédémone des législateurs, des magistrats et empereurs d'armée, (Montaigne, Ess., 1, 24. ) — Il mescontenta sa noblesse^ qui l'alla, d'un cœur franc, saluer en Avignon. (Pasq., Leil., xiv, 2.) — J'ai aussi advis comme le sieur de Brèves, qui faisoit cy-devant mes affaires en Constantinople, et auquel j'ay donné charge d'y résider pour mon ambassadeur, y a esté fort bien reçu de ce seigneur et de ses ministres. (Leit- miss, de Henri IV, 2 juillet 1573, t ii, p. 852.) — Poge dit avoir veu un cheval, qui entra en Constance durant qu'on y tenoit le concile. (Boo- CHET, Serées, xi. ) — M'ayant appris que le petit prince estoit desja avec toute sa maison dans le navire qui devoit me passer en Alexandrie. ( Gomberv., Cytliér., p. 44.1 Manitez supplia le roy de Palmirenie de luy permettre de faire un voyage en Babylone. (Id., ibid., v.)

Un désir tout à fait éloigné De celui qu'en partant je vous ai témoigné, De Tauris en Alep a causé ma venue. (Mairet, Le Grand Soliman, i, 2.)

On le voit, jusque assez avant dans le dix-septième siècle c'était la préposition en qui se plaçait généralement devant les noms de ville.

Du reste, Molière dit comme Corneille en Alger :

Se voyant éloigné du port, il m'a fait mettre dans un esquif, et m envoie vous dire que si vous ne lui envoyez par moi tout à l'heure cinq cents écus, il va vous emmener votre flls en .ilfjer. [Fourber. de Scap., ii, 11.) — Hélas! mon pauvre maître, peut-être que je ne te verrai de ma vie, et qu'a l'heure que je parle on t'emmène esclave en Alyer. (Ibid.)

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