‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du 17e siecle en général (volume 2)Chapitre 155 sur 253 · ETOUFFER. — ÉTREINTE · texte numérisé non relu

ETOUFFER. — ÉTREINTE

Quoi ! déjà votre foi s'alTaiblit et s étonne? (Racine, Atfi., i, 2.)

Le monstre au même instant tire son coutelas.

L'en frappe, et dans le flanc l'enfonce avec furie.

Le sang coule ; on sélonne, on s'avance, on s'écrie. (Volt., La Henr.,\.)

— ÉTO\xÉ, stupéfait, frappé de stupéfaction ;

Le destin se déclare, et nous venons d'entendre

Ce qu'il a résolu du Leau-pére et du gendre.

Quand les dieux éiuwiés sembloient se partager,

Pharsale a décidé ce qu'ils n'osoient juger. (Pomp., \, 1-)

cLiTON. Ce ton de voix enfin avec cette parole? USE. Ah ! c'est là que mes sens demeurent étonnés;

Le ton de voix est rare, aussi bien que le nez. [Suite du Ment., i, 2.)

Vous me quittez! ô ciel I Mais, Lise, soutenez,

Je sens manquer la force à mes sens étonnés. {IbicL, v, 3.)

ETOUFFER, fig. étouffer le deuil, comme on dit étouffer le chcKjrin :

L'éclat qu'a répandu le bonheur de ses armes,

A vos yeux éblouis ne permet plus de larmes,

Il sait les détourner des horreurs d'un cercueil,

Et la peur d'être ingrate étouffe votre deuil. [La Tois. d'or, i, 1.)

ETRE, V. IL n'est que telle chose, il n'est rien de tel que, cela seul convient :

Pour perdre des amants celles qui s'en affligent

Donnent trop d'avantage à ceux qui les négligent,

// n'est lors que la joie; elle nous venge mieux. [Mél., m, 5.)

— IL n'est que de, il n'y a plus que tel parti à prendre :

L'éclat d'un tel affront l'ayant trop décriée,

// n'est à son avis que d'être mariée. [Suite du Ment., i, 1.)

ÉTREINTE , au fig. :

D'un seul de ses regards l'adorable contrainte

Me rend tous mes liens, en resserre Y étreinte. [Mél.. i, 1.)

Et lors d'un sacré nœud l'inviolable étreinte,

Tirera notre appui d'où partoit notre crainte. [La Tois. d'or, i, 2.)

« Est-il possible , dit Mercier dans sa Néologie , que ce vieux mot, si fréquemment nécessaire, si expressif, ait été presque banni? Les étreintes de la nature sont indissolubles. Il y eut, au premier aspect, une douce étreinte entre nos deux âmes. Celui-là se sépare de la vertu , et même de l'humanité , qui redoute y étreinte de la reconnaissance. »

Ce substantif indispensable est redevenu, à notre époque, d'un usage très-fréquent.

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