‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du 17e siecle en général (volume 2)Chapitre 156 sur 253 · ETUDE · texte numérisé non relu

ETUDE

ÉTUDE, suiii creluilicr, d'appreiulro. faiui: i.'iVn i>k n'i n rôle, comme on dit étudier un rôle :

11 ne lui est rien arrive que je ne lui aie piédil à elle-même, en lui disant adieu, quand je sus l'élude qu'elle Juisoii de re rôle- {Letl. à M. l'abbé de Pure, 12 mars 1659.)

— KTi [)r:, a|)i)lication. i.\ni(;NATi()N qi'on pue.nd avf.c. étude, indignation à lacjut'ilu on lu; s'abanduniu; que lenttHiient et par une volonté réfléchie :

Un moment pousse et rompt un transport violent ;

Mais l'indujmiiion qu'on prend avec élude

Augmente avec le temps, et porte un coup plus rude. [Pomp., ii, 1.)

— ÉTiDE, chambre, cabinet où l'on étudie, où l'on compose :

Mais ce ne sont enfin que rayons inconstants

Qui vont de l'un à l'autre, et qui n'ont que leur temps;

Et ces heureux hasards des [ruiis de mon élude

Laissent tout l'avenir dedans l'incertitude. ^Lu Poés. à la Peint.)

On a dit exactement de même avant et après Corneille :

Mais j'aime mieux qu'on voye auxfruiis de mou eslude De la témérité que de l'ingratitude. (St-Amant, Élég.,

Sur ce que l'on avoit mal iinpriiue ma t^olihtde.) Plus d'un héros, épris des fruits de mon étude. Vient quelquefois chez moi goûter la solitude. (Boil., Epîi., x.)

La signification que nous attachons à ce mot était autrefois tré(|uente. Bien longtemps avant d'être restreint au bureau d'un notaire, d'un avoué, étude se prenait dans la langue commune pour cabinet d'étude en général, témoin ces exemples:

Les autres se délectent du secret des chambres et doctes estudes. (Du Bellay, l'Illustr. de la lau.jue franc- . , n,ll.) — Ne laisse pas ceste eslude ouverte, car quelqu'un s'y pourroil caciier. ( Laiuv., Le Fid., iv, 1. ) — Il (un médecin) avoil une esiudt secreltc bien près de la porte de sa maison. (BoiCHfcT, Strées, x.) — Je ne suis de ces hardis et ignorants écrivains qui enfantent tous les jours des livres, qui en font de grosses forets, et qui, en leurs csiudcs obscures , esquelles ils ne voient pas la lumière du monde, jjarlent et cscrivent hardiment. (Du Haillan, dédicace de VÉlat et succès des affaires de France, éd. 1080.) — Derrière le chevet de mon licl il y a une petite estudc, où l'on peut entrer par une petite porte. {€aq. de l'ace, ■> journ.) — J'ai une belle étuite, grande et vaste, où j'espère de faire entrer dix mille volumes. (Ulv Patin, l.ett.)

Vistcs-vous sans regret l'honneur de mon eslude.

Mon noble coup d'essay, ma chire Solitude,

Ainsi défigurée en ses traits les plus beaux. (St-Amant, Éliij.,

Sur ce i|uc l'on avoil mal iiii|iriiiio ma ^o/i(u</f.)

Ces vers, produits dans mon eslude,

Récitent tes commandements,

Et j'en fais de ma solitude

Les plus doux di>erlissenRnts. (Kacan, Ps., cwiii.)

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