‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du 17e siecle en général (volume 2)Chapitre 171 sur 253 · FAVORABLE. — FEINDRE · texte numérisé non relu

FAVORABLE. — FEINDRE

— FAIRE DES FAVEURS, comme accorder des faveurs :

Un amant a fort peu de quoi se satisfaire

Des faveurs qu'on lui fait sans dessein de les faire. {Le Ment., i, 2.)

— SOUS LA FAVEUR DE, à la faveur de :

Marchons sous la faveur des ombres de la nuit. {L'Illus. corn., m, 7.\

FAVORABLE, succès favorable, succès heureux :

Bien que la nouveauté de ce caprice en ait rendu le succès assez favorable pour ne me repentir pas d'y avoir perdu quelque temps. {Exam. de l'IUus.)

FAVORISER bi:, gratifier de, accorder la faveur de :

Elles (ces rares pensées de la mort) me plongèrent dans une réflexion sérieuse, iju'il falioit comparoîlre devant Dieu, et lui rendre compte du talent dont il m'avait jnvorisé. [Imit., Epît. au pape Alexandre YIl.)

Et, si jamais le c\el favorisait ma couche

De quelque rejeton de cette illustre souche,

Cette heureuse union de mon sang et du sien

Uniroit à jamais son destin et le mien. [Pamp-, n, 1, l"'' éd.)

Le goût et le sentiment de la décence engagèrent plus tard (Corneille à retrancher ces vers qu'il avait mis dans la bouche de la reine Cléopâtre.

FEINDRE, feindre a quelqu'un, feindre auprès de lui , lui dire mensongèrement :

Euphorbe vous a feint que je m'étois noyé. {Ciu., v, 3.)

« Feindre, observe Voltaire, ne peut gouverner le datif; on ne peut dire: Feindre à quelqu'un. »

On le disait autrefois, et on le pourrait encore parfaitement dire aujourd'hui :

Il lui feint qu'en un lieu que vous seul connoissez

Vous cachez des trésors par David amassés. (RAcrNE, Athal., \, I.

Et d'une manière analogue, avec un subst. pourrég. dir. :

Ne voilà pas, dis-je, ceste volage, qui se feint de nouveaux prétextes de haine et de jalousie. (D'Urfé, Astrée, i, 1.)

On disait aussi se feindre à, suivi d'un subst., dans le sens de

se déguiser auprès de :

r.t faut qu'ils (les princes) se feiijneni souvent non-seulement en guerr'e aux eslrangers et ennemis, mais encore en paix et « leurs subjets. (CH.\Rno.N, La Saij., 111, 2.)

— SE FEINDRE, comiiie feindre , suivi d'un infinitif, par imitation de la proposition infinitive des Latins :

Dorise se feint être un jeune gentilhomme contraint pour quelque occasion de se retirer de la cour. {Clit., préf.)

FELICITE. — FER. .'lO?

Ces seigneurs qui , pour sortir d'un mauvais pas, ^e fe'vjneni csire les valels dr liurs valets. Gougenot, Com. des Comédiens, i, 1.)

Deinouiacle en sefuiijnanl estrc ange iDtplor. de la ciié de Gcnêfve). Se Jeujnani pour passer le temps, Avoir cent mille ocus conlans. (Riio.N., lipisi., m.)

FÉLICITÉ, avec le pluriel :

Les dieux empêclieront l'effet de ces augures,

Et nicsjélicités n'en seront pas moins pures. {Pomp., v, 4.)

Où leurs /<'7ici/t!.$ doivent être infinies. l l'olijeucte.)

Que \os féliciiés, s'il se peut, soient parfaites. {Ibid.)

J'estime trop une si belle llanime.

Pour vouloir mettre obstacle à \osJélici(és. (T. ConN., Circé, v, G.)

« Ce mot , retnai'(jtit; Voltaife, doiil l'observalioti a été répétée |»ai' yi. Ciuizut dans ses Si/noiii/rncs , ne se dit guère eu prose au |)liiriel, par la raison que c'est un état de l'àme, comme tranijuillité, sagesse, repos; cependant la poésie, qui s'élève audessus de la prose, perim.'t qu'on dise dans Polyeucte, etc. » [Dictionnaire pinlosopitiqne, art. Félicitk.)

L'emploi de félicité au pluriel , même en prose, peut être aussi légitime que celui de tant d'autres termes abstraits pluralisés, «pie iKtus étudierons à notre article HONTE.

De quel comble de ;.'loire et de félicités.

Dans quel abîme atTreux vous me précipitez! (Rac, Miihr., ii, tJ.)

.S'il a la bonté de vouloir s'amuser avec vous, c'est une des grandes /e//c/;t'j qui vous puissent arriver. Haci.ne:, l.eii. a son /ils.) — On employa des mesures rigoureuses alin de convertir au culte de l'égalité d'honnèles paysans auxquids leur prétendu esclavage pesait beaucoup muins que l'alTrancliissement dont on les fon.ail d'accepter les orageuses /t'/ic»i«iA. iCiiktineau-Joly, La Vtndéemiltt.,c. i.)

l'E.ND.VNT, fanfaron, f.mhe du fe.nd.vnt, comme faire le fendant :

Faire ici du jendant tandis qu'on nous sépare,

C'est montrer un esprit lâche autant que barbare. (La Veuve, iv, ."î.)

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