‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du 17e siecle en général (volume 2)Chapitre 176 sur 253 · VOEUX FLOTTANTS · texte numérisé non relu

VOEUX FLOTTANTS

Non, malgré les attraits de sa belle rivale,

Malgré les vœux jUiiaïus de mon âme inégale,

Je veux l'aimer, je l'aime. [Tile ci Bér , ii, 1.)

— LA VICTOIRE FLOTTANTE SUR LES VAISSEAUX d'UN GUERRIER :

Il devoit mieux remplir nos vœux et notre attente,

Faire voir sur ses nefs la victoire floiianic. [Pomp., i, 1)

Les vraies créations de Corneille en fait de style sont, nous le répétons, dans ces heureuses associations de mots et dans ces brillantes images.

FLUX , fig. GRAND FLUX DE RAISONS , abondaucc de vaines raisons :

Ce (jrand (lux de raisons dont tu viens m'attaquer

Est bon à faire rire, et non à pratiquer. {La PI. Hoy., i, 1.)

— FLUX ET REFLUX, pour parler des variations inconstantes d'une personne :

Non que vous ne puissiez en fixer l'inconstance.

Si nous avons trop vu ses flux et ses reflux

Pour Galba, pour Othon, et pour Vitellius... [Tiie et Bér.,v, 5.)

FOI, témoignage, rapport, sur la foi de mes yeux :

Je juge comme vous sur ta foi de mes yeux,

Et laisse le dedans à pénétrer aux dieux. [Sert., m, 1.)

Et nous, qui jugeons tout sur la foi de 7ios yeux.

Et laissons le dedans à pénétrer aux dieux. [Ibid.)

FONDEMENT, fig. avoir son fondement sur, être fondé sur:

La règle de l'unité de jour a son fondement sur ce mot d'Aristote, que la tragédie doit renfermer la durée de son action dans un tour de soleil, ou tâcher de ne le passer pas de beaucoup, [Trois. Disc.)

FONDRE. — FORCK. :i\i\

— sL'K c.K FnNDRMRNT, toiidô hVdossiis :

(.'est une vérité qu'on voit trop manifeste.

Kl sur ce Joiidemtiii, seigneur, je passe au reste. {Otii., i, 2.)

FONDRE. SK FONDRK i:.\ e\i, pour .sif;iiitior verser un torrent (le larmes :

Pleurez, pleurez, mes yeux, et fondez-vous en eau. {Le Cid, m, 3.)

— FO.NURK SOLS, s'eiiylouUr SOUS :

Tous les monstres s'envolent ou fondent sous terre. Lu Tuis. d'or, m, 6.)

FORCE. AGIR DE FORCE, agir par la force:

Voyez s'il faut «f/ir de force, ou d'industrie. [Soplion., ii, 2.)

11 faut mjir di' force avec de tels esprits. (Hénu'., i, 1.,

« On (lit : Kntrrr de force, user de force, observe Voltaire. Jr doute ((u'on dise : A^ir de force. Le style de la conversation prrnu'l, agir de tête, ayir de loin; et s'il permet, ayir de Ibrer, l;i poésie ne le soutire pas.» Pour(|U()i' L'analogie et la concision militent ensembU; pour autoriser atjir de fonv dans toutes sortes <le style.

— \ L.v FORCK ! à la violence :

On enlève madame; amis, secourez-nous; A la force! au\ brigands! au meurtre! accourez tous, Doraste, Polymas, Listor. [La Veuve, m, 10.

A l'aide! au secours! à lajorce! (Danc, Les Vend. dcSur., se. IM.) Je sais qu'un vieux respect que la pudeur embrasse. Veut qu'au seul nom d'amour nous fassions la grimace, El que, lorsiju'un amant piéti-nd nous en cuiiler. Nous criions à tu force avant (juc d'écouler.

(T. Coii.N., Le Berger exlnivaijnnl, iv, '.i.)

— l'AIR!; forci: a, fairt> viidcnce ;\ :

Faites un peu de force u \otrc iniijaticnce. {Pomp., v, 4.)

Venez, venez, madame, Faire voir quel pouvoir j'usurpe sur \olre Ame, Et montrer, s'il se peut, a lout le genre liiiniain Laforce (pion vous fait pour me donner la main [St;ri., m. 3.)

— si: FAiHt: i.\ l'K.t DE FORCE, sc faii'C un peu di' violence :

Oue veux-tu? son esprit se fait un peu de force.

Elle se sacrifie à mes contentements,

El pour mes intérêts contraint ses sentiments. (La Suiv., m. 1.)

Voltaire a vu un barbarisme dans la locution p tire force à; selon lui. le vers de Puiii/n'-'' : Fdites nu pende force à votre impa-

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