VOEUX FLOTTANTS
Non, malgré les attraits de sa belle rivale,
Malgré les vœux jUiiaïus de mon âme inégale,
Je veux l'aimer, je l'aime. [Tile ci Bér , ii, 1.)
— LA VICTOIRE FLOTTANTE SUR LES VAISSEAUX d'UN GUERRIER :
Il devoit mieux remplir nos vœux et notre attente,
Faire voir sur ses nefs la victoire floiianic. [Pomp., i, 1)
Les vraies créations de Corneille en fait de style sont, nous le répétons, dans ces heureuses associations de mots et dans ces brillantes images.
FLUX , fig. GRAND FLUX DE RAISONS , abondaucc de vaines raisons :
Ce (jrand (lux de raisons dont tu viens m'attaquer
Est bon à faire rire, et non à pratiquer. {La PI. Hoy., i, 1.)
— FLUX ET REFLUX, pour parler des variations inconstantes d'une personne :
Non que vous ne puissiez en fixer l'inconstance.
Si nous avons trop vu ses flux et ses reflux
Pour Galba, pour Othon, et pour Vitellius... [Tiie et Bér.,v, 5.)
FOI, témoignage, rapport, sur la foi de mes yeux :
Je juge comme vous sur ta foi de mes yeux,
Et laisse le dedans à pénétrer aux dieux. [Sert., m, 1.)
Et nous, qui jugeons tout sur la foi de 7ios yeux.
Et laissons le dedans à pénétrer aux dieux. [Ibid.)
FONDEMENT, fig. avoir son fondement sur, être fondé sur:
La règle de l'unité de jour a son fondement sur ce mot d'Aristote, que la tragédie doit renfermer la durée de son action dans un tour de soleil, ou tâcher de ne le passer pas de beaucoup, [Trois. Disc.)
FONDRE. — FORCK. :i\i\
— sL'K c.K FnNDRMRNT, toiidô hVdossiis :
(.'est une vérité qu'on voit trop manifeste.
Kl sur ce Joiidemtiii, seigneur, je passe au reste. {Otii., i, 2.)
FONDRE. SK FONDRK i:.\ e\i, pour .sif;iiitior verser un torrent (le larmes :
Pleurez, pleurez, mes yeux, et fondez-vous en eau. {Le Cid, m, 3.)
— FO.NURK SOLS, s'eiiylouUr SOUS :
Tous les monstres s'envolent ou fondent sous terre. Lu Tuis. d'or, m, 6.)
FORCE. AGIR DE FORCE, agir par la force:
Voyez s'il faut «f/ir de force, ou d'industrie. [Soplion., ii, 2.)
11 faut mjir di' force avec de tels esprits. (Hénu'., i, 1.,
« On (lit : Kntrrr de force, user de force, observe Voltaire. Jr doute ((u'on dise : A^ir de force. Le style de la conversation prrnu'l, agir de tête, ayir de loin; et s'il permet, ayir de Ibrer, l;i poésie ne le soutire pas.» Pour(|U()i' L'analogie et la concision militent ensembU; pour autoriser atjir de fonv dans toutes sortes <le style.
— \ L.v FORCK ! à la violence :
On enlève madame; amis, secourez-nous; A la force! au\ brigands! au meurtre! accourez tous, Doraste, Polymas, Listor. [La Veuve, m, 10.
A l'aide! au secours! à lajorce! (Danc, Les Vend. dcSur., se. IM.) Je sais qu'un vieux respect que la pudeur embrasse. Veut qu'au seul nom d'amour nous fassions la grimace, El que, lorsiju'un amant piéti-nd nous en cuiiler. Nous criions à tu force avant (juc d'écouler.
(T. Coii.N., Le Berger exlnivaijnnl, iv, '.i.)
— l'AIR!; forci: a, fairt> viidcnce ;\ :
Faites un peu de force u \otrc iniijaticnce. {Pomp., v, 4.)
Venez, venez, madame, Faire voir quel pouvoir j'usurpe sur \olre Ame, Et montrer, s'il se peut, a lout le genre liiiniain Laforce (pion vous fait pour me donner la main [St;ri., m. 3.)
— si: FAiHt: i.\ l'K.t DE FORCE, sc faii'C un peu di' violence :
Oue veux-tu? son esprit se fait un peu de force.
Elle se sacrifie à mes contentements,
El pour mes intérêts contraint ses sentiments. (La Suiv., m. 1.)
Voltaire a vu un barbarisme dans la locution p tire force à; selon lui. le vers de Puiii/n'-'' : Fdites nu pende force à votre impa-