‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du 17e siecle en général (volume 2)Chapitre 182 sur 253 · FOURRIER · texte numérisé non relu

FOURRIER

Un aix qui se plaint d'estre seul

Luy fournil de couche et de table. (St-Amant, LaChamh. du débauc.)

Faret, mon compagnon d'office.

Quand il faut faire un sacrifice.

Dedans quelque joyeux hostel

Où la table fourmi rf'autel;

Helas! quel démon plein d'envie

Traversant nosire heureuse vie,

Quel démon, dis-je, amy de l'eau,

Te conduit à Fontainebleau? (Id., Les Cabareis.)

On a dit, d'une manière analogue, fou7'nù' de quelque chose à quelqu'un, pour signifier le lui fournir, le lui procurer :

Un troupeau qui nous est si cher, Et dont la mamelle féconde

Fournil de laict à tout le monde. (St-Am,\nt, Le Fromaije.]

Je leur Jourtiissois de devises.

De beaux couplets, de hauts discours,-

Enfin j'estois tout leur recours. (Id., Le Poëie croiié.)

Non-seulement il a fait de sa main de très-beaux ouvrages; mais '\\ fournil de

dessins à plusieurs autres sculpteurs fort habiles. (Perr,, Homm. i//««., Chauv.)

On trouve encore fournir de, avec un nom de persoime pour sujet, dans le sens particulier de jouir de la société de :

Il n'y avoit jeune gentilhomme qui l'ust bien venu entre les dames que moy : toutes me desiroyent, m'aymoient et me vouloient à leur compaignie, et s'estimoit bien heureuse cellequi pouvoit foumirde moy. (Fr. d'Amb., Les Napol., i, 3.)

Nous remarquerons encore ici, quoi(|ue l'analogie ne soit pas complète, l'emploi de fournir de, pour signifier faire preuve de :

Bien des gens ]iou\àn\. fournir de courage et de résolution l'épée à la main, qui ne sont pas capables de soutenir de sens froid tout le poids d'un secret important. (Vertot, Révol. de Portuij.)

— FOURM, part, passé. i'OEMk loi u.\i, poème bien rempli de choses :

J'estime toutefois qu'il ne nous est pas défendu d'y ajouter quelque chose, pourvu qu'il ne détruise rien de ces vérités dictées par le Saint-Esprit. Buchanan ni Grotius ne l'ont pas fait dans leurs poèmes, mais aussi ne les ont-ils pas rendus assez fournis pour notre théùlre. [Exam. de l'ol.)

On dit, dans un sens analogue :

Une conversation agréable el fourme. (S.-SiM0.\, Mém.-, t. il, c.23.)

FOURRIER DE LA MORT, pour signifier, qui cause la mort :

On aime rarement de si sages époux, Et leur moindre malheur c'est d'être un peu jaloux. Convaincus au dedans de leur propre foiblesse, Une ombre leur fait peur, une mouche les blesse.

FOURUIKRE. — FKOU). 32o

Et cet lieurcux hymen (|ui les cliannoil si fort

Devient souvent pour <ux un Joun-kr de la mort. [I.a Suiv., ii, I.;

FOURRIÈRE. CETTE kelle i oiurièiu: , pour dt-si^Micr l'Aurore, que les poëtes nomineut souveiil la fourrih'p du joiir :

Le soleil fut un jour sans se pouvoir lever.

Et ce visible dieu que tant de monde adore

Pour marcher devant lui ne trouvoit point d'Aurore.

On lacherchoil i)artoiit, au lit du vieux TillKjn,

Dans les bois de Céphale, au palais de Meinnon,

El faute de trouver celle belle fourrière,

Le jour jusqu'à midi se passa sans lumière. [L'illits. corn., ii, l.)

FRANC, sincère, avec un nom de chose, volo.nté ffi.v.nche :

Je ne me résoudrai jamais à l'hyménée

Que d'une volonté franche et déterminée. (La PI Hoij., iv, 1.)

FRANCHISE, lihcrtr politique :

Cesse de soupirer, Kome, pour la J'ranclnue ;

Si je l'ai mise aux fers, moi-même je les brise. {Cin., iv, 3.)

— tHANciiisE, liberté en général. l'EUiutE l'isauede sa iha.n- CH1SE, comme perdre l'usage de sa liberté :

Si blessé des regards de quelque beau visage

Mon cœur de sa Jranclmc avait perdu l'usafje... {La Veuve, i, 4.)

Corneille, comme tous les poëtes et même les prosateurs du temps, oflVe df fréquents exemples de cette signification.

F^REIN. >'av()|» .m FitEiN M Kour.ME, u'rtre ri'liuu ni par le treiu, ni par le mors :

Les chevaux, que leur sang effarouche.

Bouleversent leur charge, et n'ont ni frtin ni bouche.

{Les Vtct. (lu roi en 1G72.)

FRISSONNER, avec un ré^'. indirect dr pcrsouiic :

Avançons hardiment. Tuut le corps wc jrtssomte. L'Illus. corn., ii, 7.)

FROID, adj. ln ruoiD secoihs, un secours vain, par une imaye hardie et en opposition à l'iiuitilc chaleur des discours '

Que hasardoil Pompée en servant votre père'.'

Il se voulut par la faire voir tout-puissant,

Et vit croître sa gloire en le rétablissant.

Il le strvit enfin, mais ce fut de la langue;

La bourse de César lit plus que sa harangue :

Sans ses mille talent.-.. Pompée et ses discours

Pour rentrer en Egypte étoienl un yroid secours. i^l'omp., :, !.>

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