‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du 17e siecle en général (volume 2)Chapitre 183 sur 253 · RENDRE, PRENDRE DES FROIDEURS · texte numérisé non relu

RENDRE, PRENDRE DES FROIDEURS

Mais du haut de son trône elle aime mieux me rendre

Ces froideurs que pour elle on me força de prendre. (Tile et Bér., ii, 1.)

FRONT, se dit habituellement au figuré pour signifier trop grande hardiesse, impudence. Corneille l'emploie dans le sens noble de hardiesse, assurance magnanime, assurance :

Il reçoit les adieux des siens et de sa femme,

Leur défend de le suivre, et s'avance au trépas

Avec le même front qu'il donnoit les États. [Pomp., ii, 2.!

— Corneille emploie encore front pour dire les dehors, l'apparence, opposés aux sentiments du cœur :

Et c'est mal démêler le cœur d'avec le front

Que prendre pour sincère un changement si prompt. [Rod., iv, 5.)

— ALLER DE FRONT FAIRE QUELQUE CHOSE, coiiime OU dit familièrement aller de but en blanc :

Je sais ce que tu dis, et n'irai pas de front

Faire un commandement qu'ils prendroient pour affront. (D. Sanc. , ii, 1.)

FRUIT. QUEL FRUIT NOUS AURONS DE (un infinitif) , ce que nous

gagnerons à :

Voyez quel prompt remède on y peut apporter,

Et quel fruit nous aurons de la violenter. {Sert., iv, 3.)

FRUITIF. UNION FRuiTivE, uiiiou qui donne la jouissance :

Et sans s'immoler chaque jour, On ne conserve point l'union frnitive

Que donne le parfait amour. [Imit., m, 37.)

FUIR, V. neut. fuir de, avec un rég. de pers., fuir loin de :

Où/ujVoJ*-je de vous après tant de furie. Madame, et que feroit toute votre Syrie.

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