GUÉRIR
resserrons l'action du poëme dans la moindre durée qu'il nous sera possible , afin que sa représentation ressemble mieux et soit plus parfaite. Ne donnons, s'il se peut, à l'une que les deux heures que l'autre remplit; je ne cn^is pas que Rodogune en demande (juère davantage, et peut-être qu'elles sufliroient pour Ciuiia. (Trois. Disc.)
Vostre fin amaire A paor que'l cor li fonda
S'aisso e dura (jaire.. (Bern. de Ve.ntad. , Chans. Tant ai mon cor plen de joia.)
Luy dictes bien que vous ne luy demandez ne ville, ne cbasleau, ne fortresse, ne aultre chose que fjaires luy couste. (Jeh. d'Arkas, Mélus., éd. Jannet, p. 47.) — Je ne vous vueil demander ville, cbasteau, ne fortresse, ne nulle aultre chose qui gaires vaille. (Id., ibid., p. 49.)
Et si sa lèvre eusl gu'eres demouré Contre la mienne, elle m'eust succé l'ame
En la baisant. (Cl. Marot, Hond. du baiser de s' amie.)
II ne vous dit chose qu'il ne fasse, si vous lui échauffez gu'eres le poil. (Des- PÉRIERS , Le Cijmbalum mundi, dial. i. ) — Choses très-importantes pour le service du roy, et qui ne peuvent pas souffrir guieres de dilation. [Letl. miss, de Henri IV, mars 1584, t. i, p. 649. ) — Ils me voient en un âge où il est malaisé que ma vie soit plus ^Mère longue. (Malh., Lett. à Louis 'KllI.) — La douceur et la patience chrétienne peuvent-elles ^îù're aller plus loin? (Arn., Apol. pour les caihol., 1" p., c. xxi.) — Il y a deux branches de la maison de Hesse qui ont abjuré l'hérésie : et je ne sais s'il y a eu guère de prince qui ait (juitté la religion où il était né pour embrasser la catholique, avec plus de connaissance de cause et plus d'application à s'instruire de la vérité que le chef de l'une de ces branches, qui est le prince Ernest de Rhinfels. (Id., ibid., ii, 25.)
Guère, qui s'employait fréquemment sans négation, était
assez souvent précédé de pas, comme nous disons pas beaucoup :
Crassus commanda à ses gens de traict et armez à la légère, qu'ilz fissent une saillie sur eulx : ce qu'ilz firent; mais ilz n'allèrent ;:)a5 gueres loing, car ilz furent soudain accueilliz et enferrez de tant de coups de flèches, qu'ilz furent contraincts de se rejetter de rechef sous le couvert de leurs gens armez. (Amyot, Vies, Crassus.)— Mais ce n'est pas par ceste preuve seulement qu'on pourroit vérifier que les femmes ne sont pas gueres propres à traicter les matières de la théologie. (Montaigne, Ess., i, 56.) — Celuy qui defendoit les femmes va demander à leur adversaire quelle raison il y avoit de dire que les femmes n'estoient pas gueres sages. (BoucHET, Serées, m.)
GUÉRIR DE, neutral., suivi d'un nom de chose:
L'auditeur peut avoir de la commisération pour Antiochus, pour Nicoméde, pour Héiaclius; mais s'il en demeure là, et qu'il ne puisse craindre de tomber dans un pareil malheur, il ne guérira d'aucune passion. [Deux. Disc.)
On trouve d'une manière analogue :
Les femmes guérissent de leur pares.se par la vanité ou par l'amour. (La Bruy., Caracl., m.) — Cette fureur de burlesque, doni à la lin nous commençons a guérir, était venue si avant que les libraires ne voulaient rien qui ne portât ce nom. (Pelliss., Hist. de l'Acad., lu.) — Athènes tomba parce que ses erreurs lui parurent si douces qu'elle ne voulut pas en guérir. (Monteso., Grand, et décad. des Rom., c. viii.)
GUKRHK. — IIMUTrOH. 343
l'onieille emploie aussi souvent f/néri?' absol. (en particul. dans la Suicante) , pour sif^niilif-'r gurrir d'une passion amoureuse.
(lUERRK. FAIRE LA (iLEUuE, fij,'., avcc un nom de chose pour ijujet, tourmenter :
Si de tels souvenirs ne me Jaisoieut la guerre,
Seroil-il potentat plus heureux sur la terre? [Tiie et Rérén., ii, 1.)
TtUERRIER, adj. champ gleurieh :
Revois ce champ guerrier dont les sacres sillons
Elevoient contre toi de soudains bataillons. {Méd., m, 3.)
flUET. FAIRE BON GUET, veiller attoiitiv. , crainte de surprise:
FaU bon yuel. {l.'IUus. com., iv, 2.)
GUISE. A GUISE DE, à la manière de :
Il passe le tronçon de la sienne (de son épée) en la main gauclie, à guise d'un poignard. (C/û., argum.)
Or parole Tiebcrl, après Garnier, A guise de baron u qui amor quier.
{Gtrardde liossilloii, cdit. F. -Michel, bibl. clzév., p. 287,)
A guise des replis d'un large pavillon.
(F. Rkmi de Beauvais, La Magdcl., v« livre.)
liAlUTLDK, liai.soii, lapiM.il liabiUicl, coiunuTce :
Vous aie: habitude avec ce cavalier? (Suite du Ment., iv, G.)
A servir Amarante il met beaucoup d'étude;
Mais ce n'est qu'un prétexte à faire une habitude :
Il accoutume ainsi ta Daphnis à le voir,
Et ménage un accès qu'il ne pouvoil avoir. [La Suii-., i, 1.)
L'emj.lt.i d.- cette acception était très-fnMpienl rt très-varié :
Habitude accessible, privée, fréquente, ordinaire, domestique, sociable, accoustumee , familière. {Les Epithetes de M. de La Porte. 1580, p. 202.) — Les dames avec qui je fis le plus d'habitude furent >!■• la comtesse de Noailles . M™« d'Estrades.... (M"' de Mo.ntp., Mém.. année IT..')».) —Elle y lit connoissance avec un moine augustin déchaussé, qui lui donna habitude avec le secrétaire tlu maréchalde l'Hùpital. fld., ibid., 1058.) — .M. de Thuu. avec lequel ]atois habitude et amitié particulière. (Hetz, Mim., I. i.) — Je n'avais presque /</im d'habitude jlwc toutes les femmes. (Id., ifrid.i — Il entra avec ardeurdans ses desseins, et il l'assura qu'il n'oublieroit rien pour lui faire des créatures dans son village et dans tous les lieux où il avoit des habitudes. (Vehtot, Révotut. de Suide.) — Je