‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du 17e siecle en général (volume 2)Chapitre 22 sur 253 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

pul)lia, on 1734, des Essais sur les honneurs et sur les momn-ncnts accordés aux illustres savants pendant la suite des siècles, où il donne, en un style dénué d'agrément, une légère idée de l'origine et des progrès des l)eaux-arts; mais il se distingua principalement en faisant eonstruire à grands frais un Parnasse en bronze, où l'on voyait les figures de quelques poètes et de quelques musiciens français; en le faisant peindre et gravei- par des artistes distingués ; en en faisant la description qu'il distribua à diverses personnes dont il espérait que le concours pourrait l'aider à faire exécuter ce monument en grand dans un jardin ou sur une place publique; enfin, ce généreux citoyen dont le nom mérite un long souvenir lit frapper à ses dépens une suite de médailles dont vingt-huit représentaient les poètes et six les musiciens les plus célèbres du siècle de Louis XIV.

Cependant, parvenu à l'âge de quatre-vingt-cinq ans, il se trouvait avoir perdu presque tout son bien, qui avait toujours été trèsmodique. Il lui devenait impossible de suffire aux besoins de sa pupilli;. Voltaire était alors dans tout l'éclat de sa renommée; il avait maintes fois pris la défense des malheureux, et leur avait accordé des secours; enfin, tout le monde déjà vantait son humanité. Le malin philosophe avait dans le temps lancé contre le bon du Tillet une assez sanglante épigramme, pour le punir d'avoir trop facilement accordé les honneurs de l'apothéose à des littérateurs obscurs; ce n'en fut pas moins à lui que l'auteur du Parnasse français songea à s'adresser pour trouver un nouveau et plus puissant protecteur à la descendante du grand poète. Il fut secondé dans ce dessein par M. du Mollard, membre de plusieurs académies, et connu par une savante dissertation sur toutes les tragédies anciennes et modernes qui avaient eu Electre pour objet. Un poète, Le Brun, secrétaire des commandements du prince de Conti , unit sa voix à celle de l'ami dévoué des beaux-arts. Ce lyrique célèbre écrivit une ode à M. de Voltaire en faveur de mademoiselle Corneille. Flattant l'orgueil de son illustre confrère en Apollon , il lui disait :

n S'il était un mortel, qui, du nom de Voltaire, Portât chez nos neveux l'iiorineur héréditaire. Ce nom serait alors son immortel appui; Et Métope, et Bruiit.s, Sémimmis, Alzire,

Et la tendre Zaïre, Élèveraient leurs voix, et parleraient pour lui.

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