‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du 17e siecle en général (volume 2)Chapitre 233 sur 253 · HYMEN. — IDOLE · texte numérisé non relu

HYMEN. — IDOLE

J'en prendrai seulcnienl deux ou trois pour valels,

Qui viendront ;ï genoux vous rendre mes poulets. [L'iltus. com., ii, 3.)

HYMEN. FAIRE UN HYMEN A UNE FE.M.ME, pou)' signifier lui donner un époux :

Je ne demande plus d'où partoit ce dédain,

Quand j'ai voulu vutis faire un hymen de ma main. (D. Sanc, iv, 5.]

IDÉE DE l'espuit, invention de l'esprit :

L'autre femme e.«t une pure idée de mon esprit, mais qui ne laisse pas d'avoir aussi quelque fondement dans l'histoire. [Exam. de Sert.) i

— EN IDÉE, le contraire de en réalité :

De pareils licntenanls n'ont des chefs qu'e» idée,

Leur nom retient pour eux l'aulorilé cédée. {Seri., m, 2.)

IDOLE, au masculin, d'après le neutre latin idolum :

■ Et Pison ne sera qu'un idole sacré, Qu'ils tiendront sur l'autel pour répondre à leur gré. (Oili.. m, 1.;

M. de La Porte disait, en loSO, dans ses Epithkes, article IDOLE : « On use de cette diction au masc. et fém. » Plus tard, en 1666, Ménage, à propos de l'expression de Malherbe, p^am^rw idole'[Od., 1. m.), remarquait que l'usage faisait le mot idole du féminin. Il dit encore ailleurs : « Ce mot est du genre féminin, quoique le père Chiflet l'aime mieux masculin. » [Observ. sur la langue franc., i, 74.)

Le célèbre érudit aurait pu citer des exemples de l'emploi d'idole au masculin plus anciens et plus autorisés, tels (]ue ceux-ci :

Brisant les idoles feinis

De tes mains, De leurs dieux tu seras maistre. (Ko\s., Od., m, 4.)

Pensant bien veoir el loiier je ne sçay quuy de beauté qu'il estime estre en s'amie, il ne la voit le plus souvent qu'en peinture, jentens peinture de fard, ou d'autre telle masque de quoy ne se sçavent que trop reparer ses (ces \ieux idoli-s revernis à neuf. (Tahl'ueau, l'rem. Diul. du Dcviocriiic, 1589.) — Cet j'do/t. (D'UiiFii, A.tirée, i, 11.)

IDOLATRER. — IL. .Hl

On a (lit de même après Coriit;ille :

Jamais idole, qiu'l qu'il fiïl.

M'avait ou cuisine ]iltis grasse...

Il vous prend un levier, mut en pièces ïidote,

Le trouve rempli d'or. (La Font., Fabl-, vin, 4.)

Le langage rustique, en particulier dans les environs de Paris, fait encore idole masculin.

IDOLATRER, en pailant d'une production littéraire, admirer avec un enthousiasme (jni tient de l'iilolàtrie :

Mon travail sans appui monte sur le théâtre,

Chacun en liberté l'y hlàme ou ïidoliUrc. Exe à Ariste.)

IL, suivi du relatil'7«(', ou de quiconque:

Pour la première fois il me dupe qui veut,

Mais, pour une seconde, il m'attrape qui peut. {.)lél., v, 5.;

// sait mal ce qu'il dit, quiconque vous fiit croire

Qu'aux feux de Crimoald je trouve quelque gloire. {Penh., i. 2.)

// passe pour lyran quiconque s'y fait maître. {Ciii., ii, 2.)

« Cet il, qui était autrefois un tour trcs-heurcux, dit Voltaire, la tyrannie de l'usage l'a aboli. *< Il est un tyran celui qui asservit son pays; il est un perfide celui qui manque à sa parole : » on a encore conser\é ce tour : « ils sont dangereux ces ennemis du théâtre, ces rigoristes outrés. ■■>

Il est curieux de voir Ions les emplois (pi'oii faisait dans l'ancieime langue de cette forme «pii , à notre avis, potirrail èlrc ((uehpiefois reprise, surtout en poésie :

// faict mal, qui ne leur luinplaisl. Villon, Gr. Test., Hall. etor.,(:\Mi.

Vous dictes ce que vous voulés,

//vous en croira qui \ouldra. (Coviill., l'iaid.)

Il est saige qui se scel tairi'. I.e Ih-but de lu damt- ti de la bourg.)

Je ne sais pas si vous m'en croyez : mais il n'est pas damné- qui no le croit. (Despéhiehs, Nota',, Lxviii, éd. La .Moiin.)

// vit sans soucy qui n'a rien, [l.c Diic. du irifii. de Vert Juiict, I ')37.} //sera bien fin qui me trompera. (Lariv., l.e I^q., v.) — Léonard. // n'est sage qui faict tout à sa teste. — .AsiunoisK. // n'est sage qui faict tout selon la volonté d'autruy. (Id., La Wuve, i, 3.)

.Mon Dieu ! que par ce beau temps-la // est sot qui a maistre! ^C.om. de c/ki/h., i. :*.

// est bien fou qui s'oublie. (C* oe Cramail, Vom. des Piov., prol.)

// est encore à naistre qui puisse dire avoir vcu des livres imprimez par Giillomberg, ou par Mentel, auparavant ou au inesme temps que ceu.\ de Jean Kusi.

(Naldé, Le Mascutiii. p. 177.)

Page 1