‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du 17e siecle en général (volume 2)Chapitre 246 sur 253 · IRRITER. — ISSUE · texte numérisé non relu

IRRITER. — ISSUE

Deviewient tous pareils à ces vaines idoles, Ceux qui leur donnent l'être, et les font adorer; Devienne tout semblable à tous ces dieux frivoles,

Quiconque en eux veut espérer. (Trad. du Ps. cxiii.)

Puissé-je de mes jours n'employer ce qui reste

Qu'aux éloges d'un Dieu si bon ; Et n'élever les mains vers la voûte céleste

Que pour en exalter le nom!

5e puisse ainsi mon àme enivrer de ta grâce,

Et s'enrichir do les présents.

Que ma joie à ma langue en confiera l'audace,

Jusques à la fin de mes ans. {Ibid., LXii.)

Ils nous avoient poussé sur les bords du tombeau , Ils y tenoient déjà notre àme enveloppée;

Mais elle s'en est échappée, A l'oiseleur comme échappe un oiseau. {Ibid., cxxiil.;

Ainsi détruit le temps les biens les plus solides

Et moins d'un jour, etc. 'Suite du Ment., ni, 3.)

Que faisoil là Phinée? Est-il si téméraire Que ce que font les dieux, il pense à le défaire? [Androm., v, 3.)

Les vers suivants offrent une inversion qui mérite d'être signalée comme particulièrement forte :

Et c'est mal de l'honneur entrer dans la carrière.

Que dés le premier pas regarder en arriére. [Ilor., ii, 3.)

Viens, tu fais ton devoir, et lejils défjénère

Qui survit un moment à l'honneur de son père. [Le Cid., u, -2.)

IRRITER, fîg. IRRITER LES TOURMENTS, Ics rendre plus cuisants :

Enfin épargnez-moi ces tristes entretiens

Qui ne font qu'irriter vos tourments et les miens. (fol., ii, 2.)

— IRRITER LA FLAMME , rendre l'amour plus ardent :

Sévère craint ma vue, elle irrite sa flamme. [PoL, ii, 1.)

ISSUE, fîg. DONNER LNE BONNE ISSEE A QUELQU'UN, le faire

réussir dans se? vues :

SÉRASTE.Et par là tu \ûulois...

AMAR.4NTE. Que votte àmc déçue

Donnât à Clarimond une si bonne issue.

Que Florame, frustré de l'objet de ses vœux,

Fiit réduit désormais à seconder mes feux. {La Suiv,, v, 8.)

Notre poète dit encore, d'une manière moins particulière :

L'esprit fourbe et vénal d'un voisin de Mélite

Donnera prompte issue à ce que je médite. ',)[él., ii, 3.)

On a dit avant Corneille, d'une manière analogue :

Espérant estre dans deux jours de retour en mon armée pour poursuivre mon

JALOUX. — .)i:ti:k. »95

enlreprise, de laquelle j'espère que Dieu nie donnera bonne issue. {Leit. miss, de Henri /F, t. iv, p. 541, 21 mars 159i3.)

Cottt' locutidii se ivnconlro frt'M|iiiiiiiiiciil tlaiis les Lrt(n;s missives

JALOUX UE, Si' l'upportanl à un num de cliust.', puur siyuiliur ((ui protège, défend :

Madame, je suis reine, el dois régner sur moi.

Le rang que nous tenons, jaloux de noire gloire,

Souvent dans un tel choix nous 'défend de nous croire. (D. Sanc, i, 2.)

JAMALS. POUR TOUT JAMAIS, comme à tout jamais :

Adieu pour loui jamais. {Sert., m, 2.)

JETER IN ROI DU TRoNK, l'en pi(''cipiler, au liyufé :

Il peut faire trembler la terre sous ses pas.

Mettre un roi hors du trône, et donner ses États. {Cin., m, 4.)

« Il y avait, observe Voltaire :

<c Jeler un roi du trône, et donner ses Etals. >

« Mettre hors, ajoute-t-il avec raison, est bien moins énergique que jeter, et n'est pas même une expression noble. t!oi hors est dur à l'oreille. Pourtiuoi ne flirait-fni pasy/^r i!» tn'nn-? ()\\ dit h\en jeter du haut du trône? »

— JETER DES MENACES EN I.'aIII :

Jelltrai-je toujours des menaces en l'air.

Sans que je sache enfin à qui je dois parler? {La Suiv., v, 2.)

On trouve yWtT des menaces, absulunient :

Ce n'est plus cette dona Elvire qui faisoit des vœux contre \ous, et dont l'âme irritée ne jeuoii que menace, et ne respiroit que vengeance. (MoL., D. Juan, iv. G.;

— JETER DANS, suivi d'un nom de personne, faire naître parmi :

Il pouvoit, sous l'appât d'une feinte promesse,

Jeter dans les soldats un moment d'allégresse. (Otii., lY, 2.)

— JETER quelqu'un DANS UNE ESPERANCE :

De Yinius par là gagnant la bienreillance.

Il a su le jeur dans une autre espérance. >>ili . m. 1.)

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