‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du 17e siecle en général (volume 2)Chapitre 247 sur 253 · JEU. — JOIE · texte numérisé non relu

JEU. — JOIE

— JETER EN HAUTE JALOUSIE DE , suivi d'uii régime et d'un infinitif présent ;

Par lui yai jeié Rome en liauie jalousie,

De ce que Nicoméde a conquis dans l'Asie,

Et de voir Laodice unir tous ses États,

Par l'hymen de ce prince, à ceux de Prusias. {Nicom., i.. 5.)

— JETER DES LOIS SUR LA TETE DE, pour signifier imposer despotiquement des lois à :

Seigneur, à découvert, toute âme généreuse

D'avoir votre amitié doit se tenir heureuse ;

Mais nous n'en voulons plus avec ces dures lois,

Qu'elle jelle toujours sur la tête des rois. (Nicom., v, 9.)

— JETER DES VOEUX SUR, les faire porter sur :

Jurons-nous que des deux qui que l'on puisse élire

Fera de son ami son collègue à l'empire.

Et pour nous l'assurer voyons sur qui des deux

Il est plus à propos de jeter tant de vœux. [Pulch., i, 4.)

JEU, fîg. UN BEAU JEU POUR, unc occasiou favorable pour :

Il y avoil ici un aussi beau jeu pour les aparté qu'en la Veuve. {Exam. de la Suiv.) — C'étoit un beau jeu pour ces discours à part si fréquents chez les anciens et chez les modernes de toutes les langues. [Exam. de la Veuve.)

— NOUS VERRONS d'autres JEUX, pour signifier qu'on saura bien se venger :

Tu railles, mais bientôt nous verrons d'autres jeux;

Je sais trop comme on venge une flamme outragée. {Mél., v, 3.)

— JEU , dans le sens de procédé, ressource :

La fourbe n'est le jeu que des petites âmes. (Nicom., iv, 2.)

— LE JEU m'en déplaît, pour signifier que telle manière d'agir

déplaît :

J'évite l'apparence autant comme le crime ;

Je fuis un compliment qui semble illégitime;

Et le jeu m'en déplaît quand on fait à tous coups

Causer un médisant et rêver un jaloux. (La PI. lioy., i, 4.)

— CE n'est pas LA MON JEU, ce ii'cst pas ainsi que je l'entends :

Ne parler point d'amour ! pour moi, je me défie

Des fantasques raisons de ta philosophie :

Ce n'est pas là mon jeu. {La Veuve, i, 1.)

JOIE, prendre même JOIE, avoir autant de joie :

Ceux dont il a gagné la croyance et l'appui

rrendront-ils même joie à m'obéir qu'à lui? (Sert., i, 1.)

J0[.r.— JOUO. 397

JOLI, se rapportant à un nom de chose, aimable, f,'ai, spirituel :

Je meure, ton humeur me semble si jolie,

Que tu mi,' vas résoudre u faire une folie. [Suite du Ment., i, i.)

Tu le disois tantôt, cliat-un a sa folie,

Les uns l'ont importune, et la tienne est jolie. (ïbid., iv, 1.)

Cet adjectif eut, dans les temps anciens de la langue, et garda au dix-septième siècle des nuances variées de sigiiifu^atiou (jui s'éloignent assez de l'usage actuel, comme il ai)paraîtra sullisamment par les exemples suivants :

Sire, ne vous dcsplaise, se Dieu me puist sauver,

Pas ne lai fait por mal mais je ne puis durer

Tant ai le cuer Jo/i, si vous seul demander

Dont veniez orains moult vous si tost aler. [Le Dit de ménage.)

Ne nulz lioms n'a plus grant désir

D'estre jo/iv, gais, envoisiés,

Canlans, jouans, rians et liés

Corn cilz qui aime... [Li lioum. dou cliasiel. de Couci, v. 6821.)

l'ne des choses qui me touchent le plus est une conversation jo/iV et spirituelle, exempte de toutes sortes de médisances et de railleries piquantes. (Portr. de M"' de La Trim. par clk-mâme.]— Une conversation jo/ie et spirituelle me touche extrêmement, pourvu que toute raillerie piquante en soit bannie, et qu'elle n'intéresse point ma répntalion. [Porir. de la priiic. de Tareuie.) — Je n'élois pas plus grand que cela, que je me signalois déjà par cent leurs d'adresse jolis. (Mol., U.t Fourb. de Scap., i, 2.) — Nkr. Tel serait sage dans une conditiun médiocre, qui devient insensé quand il est le maître du monde. Cal. Cette folie seroit bien jolie si elle n'avoit rien à craindre : mais les conjurations, les troubles, les remords, les embarras d'un grand empin,' gâtent le métier. (Fé.n., Dial. des morts, I, xi.vi. Néinii et {]alig.)

Ce n'cbL pas ici le lieu (l'in(li(|ucr toutes les signilications curieuses du mot /"/,'■, <pii se mettait à tout, comme l'obstM've liouliours [Doiifr^, p. l*J),el «lout le sens le phis renuuMpiaMe est celui d(! distingué; eu toutes nianit'res. a|)j)li<pié' ;\ toutes sortes de personnes, (pi'on li<»u\e en particnlirr die/, llussy-UalMitiu, che/ M""' de Sé'vigni', cliez Lesage, et jusipie elie/, l'abbé- Pré-vost, et dont Hoursaidl a |>ré'senté' tant de singidiers exemples dans sa pi(piante cl iIl^tl•n(•tive cointîdie des .Mufs à la m>tdt' (se. xv\ et dans celle d' /:'snjji' ù la corn- IV, 3). Cette signilication, nous apl)ren(l M. le comte Juubert dans son savant (llus^ntn' iln ci'ntn- ilv lit Finncc (2*" suppltMuenl) , s'est constM'vr-e jiiMpéà ce jniir dan^ la Siùssc française, s|)é'cialemenl à Lausaime.

JOUCi. METTlii: Al Joli. , connue ttieftrr sons A- /m/i/ :

11 fallûil mciiic au jnwj deux taureaux furieux. Wt'J., ii, -'.)

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