‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du 17e siecle en général (volume 2)Chapitre 25 sur 253 · ABANDONNER. — ABIMER · texte numérisé non relu

ABANDONNER. — ABIMER

des caraclèros à riniprimciir, pour so servir du faraud ou du pclil, sidou qu'ils se sont le mieux accommodez avec les lullres qui les joiguoiit. (l'réf. de : Le Tliéàire de P. Corn., édit. de 168'i.)

— ABANDOiNNiîu (s') A, suivi (l'uu iiifiiiUif, sc laisser aller à :

La nature en fureur .s'abandonne à tout faire. [Tiie ci liérétiire, iv, 5.)

— AB.\^'DO^NÉ DE, i)riv('' rlo :

Qu'au milieu de toutes mes peines

Ce me .soit un soulagement

D'être abandonné pleinement

Des consolations humaines. [Imii., m, 1(>.)

Oji trouv<î (le même activement, nbandonnev de , [)river dt;, (îesser d'accorder :

Comme un navire en pleine nier, que les vcnis abandonnent de leur secours. (Mont., Exsals, u, 12. ) — Sera-t-il dit qu'ils seront venus à notre unité y cherclier leurs véritables frères dans les véritables enfants de l'EglLse, pour être abandonnés de leur secours? (Boss., Trois, serm. sur l'Exali. de la croix, H.)

ABATTEMENT, avec le pluriel :

Où la santé manque de cœur,

La maladie est impuissante,

Ses abaitemenis, ses douceurs,

Rendent fort peu d'hommes meilleurs. , [Irnil., i,2li.)

On trouve de même chez des prosateurs de nos jours :

Lord Byroii chevauchait le long de ce rivage solitaire : quels étaient ses peiisers et ses chants, ses a6a«er«e«/y et ses espérances? ( Chat., Lin. amjl., b" p.) Les affections légitimes..., comme toute chose en ce monde, ont leurs fatigues et leurs abaltemenls. (L. Veuillot, Petite Philos. )

ABATTRE (S'), être abattu:

Si dessous sa valeur ce grand guerrier s'ubai.

Je puis en faire cas, je puis l'aimer sans honte. [Le Cid, ii, 4 )

ABATTU, bas :

Un homme dont les biens font toutes les vertus.

Ne peut être estimé que des cœurs abattus. [MéL, iv, 1.)

Pison a l'âme simple el l'esprit abattu. {Otiion, ii , 4.)

On peut môme penser que la crainte de ces influences imaginaires, qui effraient encore présentement les astrologues et les esprits foibles, est une espèce d'adoration qu'une imagination abattue rend à l'idée de grandeur, et qui représente les corps célestes. (Malebu., Recli. de lu vérité, vu.)

ABIMER DANS, au i>ropre et au ligure, plonger dans :

Tu n'as frappé mes yeux d'un moment de clarté

(Jue pour les abîmer dans plus d'obscurité. [IJor., lu, i.)

AIUMKK. — AIUKT. 15

Dans l'ctat déplorable Où m'abîme ùii sort la haine iinpiluyablc. (l'eiiliur., iv, 5.)

Olcz-lui Hodclindo, et c'est assez jxjur moi. Faites qn'elle aime ailleurs, et punissez son crime, Par ce désespoir mi'^me où son change m'ab'ime. [lOuL, ti, 1.)

Banni dans les enfers, il y veut abhner Ceux dont sa place au ciel doit être la conquête.

{(l'hiv. div.. Louange de la Vierge.) [.«' spectaleurpeut concevoir avec facilité que si un roi, pour trop s'al)andonncr à l'ambition, à l'amour, à la baine, à la vengeance, tombe dans un malbeur si grand qu'il lui fait pitié, à plus forte raison, lui qui n'est qu'un homme du commun, doit tenir la bride à de telles passions, de peur ipi'elles ne Yabîmcni dans un pareil malheur. [Deux. Diic.)

On a (lit comin»' Cdi'iK illc :

Une secrète jalousie, dont je ne pouvais me rendre le maître, dévorait mon àmc et m'abîmait dans la tristesse. (M""" Dauln., )Vartv., m.)

Un lidiivc (le niôiiic, aOlnier en :

Ton courroux, qui m'abîme en des lieux ténébreux,

Ne présente à mes sens que des objets affreux. (Racan, Ps. lxxxvii.)

— .Mii.MER DANS l'escl.w.vge , commo on dit abîmé dans lo luxe, dans la (h'baiiclic, dans les plctits, etc. :

Tandis qu'e;i l'exclavaije un autre hymen l'abîme. {Seri., i, :i.)

rA|)rossi()n cin-i'e ((u'il l'aut louer Coi'iieillc d'avoif sii triiiiv(>r, el Idàmef Voltaife d'avoif crirK[ii(''('.

ABJKT, pouiw/AyVr/ .•

Un aveu si public qu'en feroit ma colère, Enlleioit troj) l'orgueil de ton àme légère. Et me convaincroit trop de ce désir abjti tjui me fait soupirer pour un imligne objet. {Mtll-, ii, II.)

Ma bouillante fureur ne cherche qu'un objei.

Vas, tu l'altirerois sur un sang trop abjei. [Gai. du l'ai., iv, 1.)

Et dans les plus bas rangs les noms les plus abjcis

Ont voulu s'ennoblir par de s'i hauts projets. (Ci'h., iv, 3.)

Et ne prendra jamais un cœur a.ssez abjel

Four se laisser réduire a l'hymen d'un sujet. {?iicom., i, 1.)

Dis tout, Araspe, dis que lo nom de sujet

lléduit toute leur gloire eu un rang trop abjel. (Ibid., ii, 1.)

El vit en Gundebert un cieur assez abjcl

Pour ne mériter pas son fiere pour sujet. [Ptrihur., i, 1.)

En Perso il n'est point de sujets.

Ce ne sont qu'esclaves o^;«;/\. (/l(;t'v., ii, I.)

Je me suis ravalé jus(|u'au rang d'un coupable.

Jusqu'à l'oidre le plus ab]tl. Itnii., ni, 13.)

('.(iini'illc, (Il cciivanl a/ijif [unw n/i/n f, (■[ le rai>aiit finicf avec

16 ABJKT. — xVJiOl.

objet, /)f()j('/..v[ sujci , ciiiiiloyail une tuniK! iisiléc de son tcmpN, iiiriiic dans la prose :

Le comniencenieiit des autres arts est bas et ahjet, aussi bien que leur exercice; ceiuy-cy est illustre, et commence [)ar l'amitié. ( Peurot d'Adl. , irad. de Lucien, le Parasite.)

En |)()ésie, les exemples sont très-iioinbieux ; nous nous couteuleroiis d'en citer tiii :

Le malheureux cousteau d'un traistre, son sujet, Dp qui rien ne sembloit plus vil ni plus abjei, L'a dépouillé de vie en sa chambre royale, Presque devant les yeux de sa garde loyale.

(J. Beut., C.ompl. ou Disc, liai.)

On disait de même infet ou infait, pour infect :

Par ne sçay quel malheur, sortit d'un buisson vert,

Contre le pied de celle à qui je fay service.

Pour la blesser à mort de son venin in fait ;

Et loi's je m'escriay, pensant qu'il nous eust fait,

Moy un second Orphée, et elle une Eurydice. (Rons., Amours, i, lxxvii.)

ABOI, (lorneille olfre plusieurs emplois ligures très-remar- ([uables de ce terme au pluriel.

Ah ! ce cruel discours me réduil aux abois. (l'iace Itoy., m, (3.)

L'hymen (ah! ce mot seul me réduit aux abois! )

D'un amant odieux me va soumettre aux lois. [IbuL, iv, 6.)

Ah, quel âpre tourment! i)u<i\s douloureux abois!

Et que je sens de morts sans mourir une fois! {Mai, v, 4.)

Envers nos citoyens je sais quelle est ma faute.

Et leur rendiai bientôt tout ce que je leur ôte :

Mais pardonne aux abois d'une vieille antilié

Uui ne peut expirer sans me faire pitié. [Cm., m, ■2.)

Et je m'en souviendrois JHA-qu'aua; derniers abois, {Théod., i, -2.)

A ce dernier moment la conscience presse ;

Pour rendre compte aux dieux tout respect humain cesse;

Et ces esprits légers, approchant des abois,

Pourroienl bien se dédire une seconde fois. [[Siconi., iv, 2.)

Tous ces mourants, Madame, à qui déjà la pesie

Ne laissoit qu'un soupir, un seul moment de reste,

En cet heureux moment rappelés des abois,

Kendeut grâces au ciel d'une commune \oix. {(JEd., v, 2.)

Unissons ma vengeance à voire politique.

Pour sauver des abois toute la république. {Sert., i, 3 )

De sa iiuiiie aux abois la fierté se redouble. {Soplion., v, 7.)

Corneille dit aus.si mettre aux a/jois , en })arlant d'un ennemi terrasse :

Au lieu mènie, au Iciiips ménic, alla(|UL' seul |Kir trois,

J'en laissai deux tans \ie, ci nus l'autre aux abois. \OEd , i, (i )

AIKi.NDA.M. — AI'.nlM). 17

Ndlis (i|iM r\ ( l'dii^ Mil' ce «Iciiiifi' i'\('iii|ilc i|iic iiK'tlri' i/i/.r nlinis sf (lil MiiiMiil |itiiir ii'diiiii' à uni' |iii>iliiiii cxIii'iik . iii;ii.s on jirnl ccrti^ nii|il(i\cr ci Ile lnmlidn cuiiinir ;i lail notn' iirand |i(ii'ti'.

I)r> ;iii|i'iir> (II' (lidinnniiii't's pn-lrmliiit i|ii'////o/.v, an li^iurt-, iir M' (lil |ilii.s (|ur (laii^ le style raiiiilicr. (le sont rie ces dt'cisions diiiit liciircusciuciit les aulcuis de génie savent ne tenir aucun c()iii|)li'.

AliONDA.N'r l'.N, avec nn nom de pcisonne, (|ui {jossedi^ cii abondance :

Toule cette faveur ne me reinl pas niun père;

Et de quelque fanon que l'un me considère,

A/>oii(luitif cil rieliesses, ou puissante en crédit.

Je demeure toujours la lille d'un proscrit. [Ciu., \, 2.)

AHOHl), en |tarlanl des persoinies, action de loucher à nno cote, d'aii'iver dans un |)ofl :

Les Mores devant lui ii ont paru qu'à leur honte;

Leur abord fut Lieu prompt, leur fuite encore plus prompte, fid, iv, 1.)

— Annui), acti(»n d'ahoi'der, d'arriver en <iuel(|ue lieu, en gént'ial :

Mon abord en ces lieu\ Me fit voir Polyeucle, et je plus à ses yeux. [Poly-, i, 3.)

Il comlialtoit Antoine avec tant de courage IJu il emportoii déjà sur lui quelque avantage;

Mais Vu bord de César a change le destin. [Poinp., v, •^.)

C'est tout ce que j'ai vu dans Rome a mon abord. \L.\ Fo.nt., h'ub., .\i,".)

A son abord en Afrique, les rois se donnent à lui. ; Uoss. , Hixt. uiiiv. ,

1'- p., 8' ep.) - Par quelle raismi <i>n (i/"ir(/ à Tliessaloniqu»' n'.i! il pas clé

inutile? (Id., l'uimjijr. de S. Puul,\\

Les exemples aiialo;^iies de .Molii'ie, de Haciuc, sont coinius de toiil le monde.

— MtoiiD, dans le ^en^ ir;i|t|tr(iiliei- mie |ierMtmie. avec le |ilni'iel :

liante pi'il la jcniie^M', l'I i\v ci-u\ du deliurs

SiiulTre rarement les abords. Jmii., i, 8.)

OANS I.'aIIOUD, CtniWWt' i/'d/imi/ :

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