‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du 17e siecle en général (volume 2)Chapitre 31 sur 253 · AMOLLIR. — AMORCE · texte numérisé non relu

AMOLLIR. — AMORCE

Dans le inriiK; sens :

Ce n'est pas que je ne sache bien que l'utile a besoin de l'agivahle pour s'iii- .sinuer dans Vamitié des hommes. (Préf. do Vfmit., 1G70.)

On trouve quelques exemples de amitié, dans le sens de iiont, en parlant de choses. Nous les rapprochons de celui de Corneille, bien que l'analogie ne soit pas parfaite :

Je jouois comme les autres, plutôt pour lier société avec des femmes, que par aucune amitié que j'aie pour le jeu. [.M""' de Villkd., Vie de H.-S. de Mol., v.)

AMOLLIR, tig. A.MOLLiii ln cou», le rendre nidins rude :

La menace à grand bruit ne porte aucune atteinte,

Elle n'est qu'un ciïet d'impuissance et de crainte,

Et (jui si prés du mal s'amuse à menacer

Veut amollir le coup qu'il ne peut repousser. (Tliéud., i,3.)

— AMOLLIR LA HAINE, l'adoucir, la cahner :

Et le sort l'eùt-il faitencor plus inhumaine,

Une larme d'un fils peut amollir sa haine. {l!odo/j., ii, -l.)

Que veux-tu pour marque plus cortaiiic.

Que l'intérêt d'un fils n'amollil point ma haine? Pcrth , m, 3.)

Oii trouve, avec quel((ues nuances de signitîcation, dans le sens d'adoucir, de calmer, de fléchir, d'attendrir :

Priant Dieu, qu'il voulsisl amollir la colère de Picrochole. (Radel., i, o-2. ) — Archélaïis prit la parole, et la pria d'amollir son courroux. [Amvot, Vies, Syllu.) - La plus commune faron d'amo//ir /es c(e«)-y de ceux qu'on a oiïencos, lors qu'ayans la vengeance en main, ils nous tiennent à leur mercy, c'est de les esmouvoir par .soubmission, à commisération et à pitié. (Mont., Ess., i, 1). — Vous avez pu vous endurcir contre ce qui étoit le plus capable d'attendrir une âme, de la gagner, cl iVamoldr tes plus durs seniintcns de votre cœur. ' .Mass., Scrm. pour le 3* dim. de ritr., sur le péché mortel.)

Tantôt par des remords il l'agite et le trouble.

Tantôt par des attraits que sa bonté redouble

Il amollit enfin celte lontjue riijueur.

Et le vaincu se jette aux pieds do son vainqueur. (L. Haci.ne, La Grâce, m )

AMORCE, fig. A.MOHCE DE (un subst.), ce «pii excite à :

El nous verrons toujours, si Dieu le laisse vivre. Un change, un repentir, un pardon s'entrcsuivre. Ce dernier est souvent Vamorcc d'un forfait. {Lu Place lloy., ii, J.)

— ir.Tr.ii i NE AMOHCE \, siii\i d'iiii >ultst;uilil :

Qui pardonne aisémctit insitc à l'otTenser,

El le trop de bonté jette une amorce au crime. [OEuvr. div.)

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